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SINGULIÈRE
INTERPRÉTATION D’UN VERSET DE
LA RI B LE
citer ici un autre texteassez singulière.
Les traducteurs protestants de la Bible substituèrent dans leur interpré-tation le mot lanterne an mot lampe et ils traduisirent ainsi : « Ta parole estune lanterne à mes pieds et une lumière à mes sentiers. »
La conséquence de ce changement fut plus considérable qu’on ne l’avaitpensé tout d'abord, et cette erreur, dit Dreux du Radier, a failli diviser l’An-gleterre et y produire de nouveaux wbigs et de nouveaux tories (1).
Fondé sur le passage que nous venons de citer, un notable de Londres conçut unedévotion bizarre pour les lanternes et fut à la veille de devenir chef de secte. Le trèsrespectable docteur Swist m’apprend que le chevalier lluniphrev Fdwin, lord-mairede Londres , s’était mis en tête de faire faire toutes les lanternes publiques et particu-lières avec des feuilles de vieilles bibles de Genève : telles étaient celles dont lui ettoute sa famille se servaient. 11 avait une aversion décidée pour toutes les autreslanternes, cl regardait comme hérétiques, et avec autant de mépris qu’en ont lesFpiscopaux pour les Presbytériens, quiconque négligeait de se pourvoir de lanternes,ad instar des siennes. Son respect pour ces saintes lanternes allait jusqu’au culte delatrie. « 11 n’oublia rien, dit le docteur Swist, pendant qu’il fut lord-maire, pourintroduire l’usage de ses lanternes, et cela sous prétexte d’accomplir à la lettre le textedo la vieille traduction de Genève : « Ta parole est une lanterne à mes pieds. »
Voilà comme une erreur en engendre une autre, abyssus abyssum eoocat. Lestraducteurs de Genève s’avisent de transformer des lampes en lanternes ; un dévotextravagant part de là. Son cerveau s'échauffe et il vient au point de regarder leslanternes comme des choses saintes, et absolument nécessaires au salut. Qui sait sidans une combinaison plus favorable de circonstances, cette idée n’eùt pas fait fortune,et si des gens qui refusent aux reliques les plus vénérables, le moindre sentiment derespect, qui n'en parlent qu’avec un mépris sacrilège, n’auraient pas eu une extrêmevénération pour des lanternes. O miseras hominum mentes! Etrange aveuglement dol’esprit, quand il s’écarte une fois de la vérité!
qm a donné lieu au xvn° siècle à une méprise
Nous devons mentionner également les lampes que (lédéon (2) fit mettredans des bouteilles vides et dont il arma trois cents Israélites qui marchèrentavec lui contre les Madianites. Certains ont voulu voir dans ces « lampesrenfermées dans des bouteilles », une sorte de lanterne sourde. Cette conjec-ture doit être écartée, carie même texte nous apprend que (lédéon ordonna àses hommes de briser ces bouteilles à leur entrée dans le camp ennemi. Nouspréférons suivre l’opinion émise par Roger Bacon , dans son traité : Demirabili
(t) Dreux du Radier, Essai historique sur les lanternes, p. 50 à Gü.(il) Jud., c. vil.