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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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LANTHUNES

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lanternes on peau de vessies et Martial, dans la même épigramme parlant deslanternes laites avec les vessies, dit :

Cornea si non sum, nmnquid sum fuscior? aut meVesicam, contra qui venit, esse putat?

C’est-à-dire : « Quoique je ne sois pas de corne, je n’en suis pas plusobscure, étonné s’imaginera jamais, ('lime voyant de loin, que je suis unevessie» (1).

Ne faut-il pas voir dans ces mots l’origine du proverbe : « Prendre desvessies pour des lanternes? » «S’il ne vient pas de cette épigramme de Martial,dit Dreux du Radier, j’avoue que j’ignore absolument sa route. Cependant,prendre des vessies pour des lanternes , c’est se tromper lourdement, sui-vant le proverbe, et ici ce serait se tromper que de ne pas prendre l’nne pourl’autre. C’est aux savants à concilier ceci, et à répandre un plus grand jour surce point d’antiquité : je les exhorte môme à le faire. Ce sera une épine qu’ils metireront du pied. »

Le comique Alexis de Thorium explique l’invention de la lanterne par lacrainte de se brûler les doigts. Voici d’après R. Crinitus ou Iticcio, la traduc-tion de cette fantaisie :

Qui prunus excoyitavit ut noctu cum Interna deambulareth profecto amator aliquis diyitorum fuit.

On a également fait des lanternes avec des morceaux de toile de lin im-bibés d’huile comme celle qui éc’ _ \ s malheureux déguenillés dans

le vestibule de Clodius, au moment de la nuit où Cicéron écrivait a Atticus sa70 e lettre, le ÏA novembre 1 f)9(‘> : « Clodri ves/ibulum vacuum sane milti nun-liaba/ur, paucis pannosis linea laterna. »

La fabrication des lanternes était, paraît-il, assez considérable à Rome pour occuper exclusivement une classe d’ouvriers, nous lisons en ollet ladénomination de lanternarius dans les inscriptions de deux pierres sépulcrales,et. sur l’une d’elles publiée par Matl'ei ligure une lanterne qui prouve quel’épitaphe n’est pas menteuse. Mais celles qui se confectionnaient à Carthage ,ou tpii du moins, portaient le nom de lanternes africaines ou puniques, étaientle [dus en vogue. Sûrement cette préférence des Romains était due a la lucidité

(1) Luriqucl, éclairage chez les ttomains, j>. 38.