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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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PLACE OCCUPEE PAR LES CHANDELIERS DANS LES CÉRÉMONIES RELIGIEUSES 71

Platina ne saurait donc être accusé d’exagération quand il fait remonteraux premières années du vu 0 siècle, l’ordonnance qui régla définitivement

cet usage.

§ 10. — Place occupée par les chandeliers dans les cérémonies religieuses.

Le chandelier est l’attrihut distinctif des acolytes dans les anciens monu-ments iconographiques. L’ordination de l’acolyte est figurée dans un pontificallatin du ix° siècle appartenant à la bibliothèque de la Minerve, à Home (1) :l’évêque fait toucher aux acolytes une burette et un chandelier à troispieds dont la tige se compose de douze nœuds. La hauteur de ce chandelierdépasse la moitié de la taille de l’évêque.

Consultons maintenant les textes. Les écrivains ecclésiastiques antérieursau xi° siècle, qui se sont occupés des autels, nous apprennent que les acolytesposaient leurs chandeliers par terre, in juwimento , aux angles de l’autelcomme c’est encore l’usage aujourd’hui dans beaucoup d’églises orientales (2) ;qu’au moment de l’Evangile ils les reprenaient pour accompagner le diacre àl’ambon ou au pupitre ; qu’ils les replaçaient ensuite auprès de l’autel etqu’après l’office, ils les rangeaient, soit à la sacristie, soit derrière l’autel.

Le pape Léon IV (3), le concile de Heinis (4) au ix e siècle et Hatherius,évêque de Vérone (5), prescrivent expressément de ne rien mettre autre chosesur l’autel que les reliques des saints et le livre des Evangiles .

Ce n’est qu’au X e siècle que l’on a commencé à placer les chandeliers surles autels, et encore cet usage ne se rencontre-t-il que chez les Latins, lesGrecs ne l’ont jamais adopté. Chez eux, les cierges fixes sont sur un petitautel à côté du grand, et dans les diverses circonstances de la liturgie, ilssont portés par les lecteurs ou les acolytes devant l’officiant ou le diacre.(V. Thiers, Dissert, sur les autels, p. 133 et suiv.).

(1) Scroux d’Agincourl, Peinture, jil. XXXVII, n° G.

(2) Les Grecs placent leurs chandeliers sur l'autel du diacre, ou par terre devant l’auteldu sacrifice.

(3) Super ait are nihil ponalur nisi capsa cum rclii/uiis sanctorum, aut forte quatuor sanctaevangelia, aut pgæis cum corpore Domini ad vialicum infirmis. — llomcl. de cura pastorum.

(4) Nihil super altare ponatur nisi capsæ cum sanctorum reliquis cl quatuor evangelia .Buchard I, 3, décret, c. xcvii.

(3) Hpist. Sxjnod.