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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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et il fut décidé « qu’on ferait de nuit de grands feux aux carrefours, etque chacun dans son quartier ferait le guet en armes (1) ».

Gauthier Tallart, qui était chevalier duguet en 1 11 8, y alla, non pas plus bravement,mais plus franchement au moins. Il s’y prità peu près comme Sosie et tous les poltronsde son espèce qui chantent pour ne pasavoir peur. Il grossit son es ’ ! de « qua-tre ou cinq ménestriers jouant de haultsinstrumens et qui marchaient en tète de labande ». On ne fut pas dupe, dans la ville,de cette symphonie faisant rage sur le tard,on se mit à répéter partout que monsieur lechevalier du guet, avec sa musique sonnanthaut et fort, semblait . dire aux voleurs :

« Allez-vous-en, j’arrive. »

Le seul éclairage qui fut à peu près per-manent consistait dans les lampes ou chan-delles votives que quelques confréries bieninspirées faisaient brûler devant l’image deleur patron.

C’était encore autant de pris sur l’obs-curité. Certaines villes de province nevoyaient un peu clair la nuit que par cecôté. Ainsi, lîayeux, sauf quelques ma-dones clairsemées, n’avait guère pour toutluminaire que la lampe d’huile allumée parla confrérie des bouchers.

IlKRSK, AYANT Al’l’ARTK.Ni: A UNE CONFRÉRIEDK Tonneliers. ( Collection de M. LeSecq des Tournelles.) Fer forgé.

Item (disent les statuts de 1431, conservés manuscrits par M. l’luquet), iceulxéchevins et francs bouchiers sont tenus à maintenir une lampe d’huile et à la faireardre, chaque nuict, au portai de l’église Saint-Martin, dedans la cité de Baveux.

C’est sous cette lampe que les valets de la confrérie devaient venir seranger, c’est à sa lueur qu’on devait, les louer.

(1) Gilles Corrozet, Antiquités de Paris , p. 224.