Buch 
Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
Entstehung
Seite
265
JPEG-Download
 

FCIAIltACF P Ull CIC

265

Quinze jours après, le 24 novembre, un nouvel arrêt modifia ce règlementet enjoignit de substituer des lanternes aux lalots suspendus aux coins desrues. A cette date, les commissaires du Uhâlelet, les quarteniers, les cinquan-tenicrs, les dizainiers, accostés de deux notables bourgeois de chaque rue,sont chargés (h; faire le devis des frais probables et de désigner les endroitsoù devront être placées les lanternes ardentes et allumantes. Cette fois,on s’exécuta sans trop de mauvaise grâce (I) et nous savons à quoi nous entenir sur ce mode d'éclairage, qui est encore en action dans quelques villes del’Extrême-Orient . Un poteau de bois, muni de distance en distance de barretteslibres qui faisaient office d’échelons, portait au sommet un bras de potenceauquel pendait une chaînette soutenant un lourd panier de fer rempli de résineet d’étoupes qu’on allumait. C’était simplement un pot-à-feu qui ressemblaitfort au fanal que les pêcheurs à la fouenne mettent à l’avant de leur bateau.

Quelque mince que fut le progrès, c’en était un ; si la flamme goudron-neuse dégageait bien de la fumée, elle projetait du moins une lueur rougeâtrevers laquelle il était possible de se diriger.

La modification que le Parlement venait ” _ er avait certainementson intérêt, mais il eut certes mieux fait, au lieu de s’arrêter à des détailspareils, de veiller à l’exécution de la mesure qu’il venait d’édicter. En effet, aumoment où l’on peut croire tout bien entendu et organisé, autre mécompte.Les lanternes ont été commandées chez les lanterniers, mais ce n’est pas auxdépens du roi, c’est aux frais du peuple que doit se payer l’ouvrage. Or, lestemps sont rigoureux, et les lanterniers, qui se sont mis trop vite en besogne,ne tardent pas avoir qu’ils en seront pour leurs lanternes, tant par la néces-sité du temps que la pauvreté des manans et habit ans. Le Parlement qui,par trop de hâte, a commis la faute, cherche à la réparer. Que fait-il? Il paie?non pas; il fait mettre on vente, tout cet appareil devenu inutile. Le 21 février1558, il ordonne (pie les « matières desdites lanternes, potences pour icellesasseoir et pendre, et autres choses à ce nécessaires », qui n’ont été mises enœuvre, seront livrées aux enchères publiques et que le prix en sera distribuéaux pauvres ouvriers (2).

Je crois bien (5) qu’il on fut, de tout lerèglementde 1558,comme de l’éta-

(1) Maxime du Camp, Paris , t. V, p. 270.

(2) Félibie», Preuves, IV, p. 780.

(8) Fil. Fournier, Les Lanternes, p. 18.

31