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CHAPITRE VIII
XVI e SIÈCLE
blissement de ces pauvres lanternes, qui n’y était qu'un détail de sûreté. Lereste n’en dut pas mieux être suivi, par incurie d’abord, par crainte de toutecomplication policière, enfui par peur de la dépense. Or, ce règlement, parmalheur, demandait pour être bien exécuté du soin et de l’argent.
Entre autres choses, il ordonnait que chaque maison n’eùt plus qu’uneporte sur la rue, et que les autres fussent strictement; closes comme superflueset dangereuses, par l’accès qu’elles offraient, aux voleurs. Si un logis restaitinhabité, le propriétaire ou le locataire absent devait y laisser un gardien et, àleur défaut, le prévôt en mettait un d’ofiiee à leurs frais.
La durée de l’éclairage fixée par l’arrêt du 2b octobre 1558 était réelle-ment trop restreinte, et quatre ans plus tard, sur la réclamation des bourgeoisde Paris , il fut décidé que les lanternes seraient allumées pendant cinq moiset dix jours au lieu de quatre mois seulement.
Les désordres politiques qui bouleversèrent la France au temps de laLigue firent, rapidement tomber en désuétude toutes ces prescriptions ; l’obscu-rité des nuits rendait les crimes à peu près impossibles à réprimer.
Le Journal de l’Estoile nous a du reste donné une peinture saisissante del’aspect, que présentait Paris , aussitôt, que la nuit était venue; tout le mondese rendait parfaitement compte des inconvénients et des dangers detoide sorteque cette obscurité ne pouvait manquer de causer.
En 1578, le Parlement tenta vainement de faire comprendre aux Pari-siens leur propre intérêt; le 7 mars de cette même année il rendit un arrêtrenouvelant l’édit de 1558; celte prescription ne fut pas suivie d'effet, et ilnous faudra arriver jusqu’au xvn c siècle, vers 1025, pour trouver une tenta-tive réellement pratique.