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ne le trouva pas. Il avait changé de nom et s’était retiré avec sa famille dans l'ileNotre-Dame en une maison écartée, où il prit toutes les précautions imaginables pourn’ètre point découvert. Ce fut apparemment en ce lieu qu’il composa sa requête auRoi et à la Reine Régente, mère du Roi. Celle pièce imprimée en huit pages est datéedu 27 octobre 1047. Morin, après y avoir parlé de sa prison à la Raslille, demande auRoi qu’on ne l’arrête pas davantage que sa Majesté ne soit instruite par elle-mêmede ses sentiments.
Ce commissaire Picart, revenant un soir de chez un de ses amis, où il avait soupe,accompagné de son clerc et de son laquais, rencontraun petit garçon qui portait une chandelle alluméepour s’éclairer dans les rues.
Elle était entourée de la première feuille du livrede Morin, qui servait de lanterne et qui était disposéede façon qu’on y lisait distinctement à la faveur dela lumière ce qui était dedans : Pensées de Morin.
Celte rencontre excita la curiosité du commissairequi savait qu’on cherchait partout Morin. Il abordale potil garçon et lui lil plusieurs questions auxquel-les il répondit avec beaucoup do réserve et d’unemanière embarrassée. Pour le faire expliquer plusclairement, Picart lui dit qu’il était intime ami deMorin, et qu’il le cherchait pour lui apprendre unenouvelle de conséquence qui lui ferait plaisir, maisqu’il fallait qu’il lui parlât sur-le-champ. Le petitgarçon lui dit alors : « Monsieur, puisque vous êtesami do M. Morin, je crois que vous ne voudriez pasnous tromper, .le vous avouerai donc que je suis sonlils. C’est pourquoi, si vous avez une bonne nouvelleà lui dire et que la chose presse, vous n’avez qu’à venir avec moi ; je vous ieraiparler à lui ». Ils suivirent donc le petit Morin, qui les conduisit à la porte de lamaison. Le commissaire, après avoir donné ordre secrètement à son laquais d’allerchercher sa robe et d’amener avec, lui le guet, entra avec son clerc chez Morin, qui tutsurpris d’une telle visite. Le sieur Picart, aliti de le rassurer et de gagner sa conliaucc,lui dit qu’ils étaient venus pour lui rendre leur hommage en qualité de nouveau Messie et recevoir ses instructions ; qu’ils avaient exprès choisi ce teins pour pouvoir luiparler plus à loisir ; et qu’il y avait plusieurs personnes de leur connaissance quisouhaitaient comme eux être ses disciples. C’était prendre Morin par son faible. Ilfut encore plus Unité, quand le commissaire lui parla de son livre des Pensées commed’un ouvrage dicté par le Saint-Esprit.
Ainsi, Morin n’eut point de peine à le satisfaire, q ' il le pria de le lui faire voir.Croyant n’avoir rien à craindre d’un homme qui paraissait si prévenu en sa faveur,il lui montra conlidemmenl tout ce qu'il avait imprimé de son livre en un gros paquetenveloppé d’une méchante toile, et caché dans un coin avec quantité de lettres quilui avaient été écrites par différentes personnes.
Le commissaire l’amusa de discours vagues jusqu’à ce que son laquais arriva
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