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CHAPITRE IX — XVII” SIÈCLE
avec sa suite. Ce fut alors qu'il fallut lever le masque. À l’aspect do la robe que lesieur l’icart endossa, Morin et sa femme, se voyant découverts pâlirent d’effroi etentrèrent en fureur. Ils lui dirent tout ce que le désespoir peut suggérer de pluspiquant. Le commissaire laissa passer le premier feu, saisit tous les exemplaires desPensées, et Morin fut conduit pour la seconde fois à la Pastille. Il en sortit au com-mencement de 1649, ayant abjuré ses erreurs, mais quelque temps après, il rétractason abjuration par un écrit imprimé, dont on ignore la date. Quelques jours après êtresorti, le 9 février de la môme année 1649, il publia une déclaration, forL intéressantesans doute pour ceux qui voudraient étudier la doctrine de Morin, mais qui ne pré-sente aucun intérêt pour notre sujet et sur laquelle nous n’insisterons pas davan-tage.
La morale de cette histoire, c’est que si en 1 (» 1-7, l’éclairage de Paris avait été convenable, Morin n’aurait pas mis aux mains de son petit garçoncette chandelle trop lumineuse, entortillée dans ce feuillet trop transparent ;le commissaire Pieart n’aurait rien lu de la page allumée ; et Simon Morinne serait pas retourné à la Pastille maugréer, entre autres choses, contreles commissaires qui ont de trop bons yeux et contre les rues qui n’ont pasde lanternes (1).
§ 3. — Lanternes vivantes.
Au commencement du xvn° siècle, l’art de la réclame était déjà fortavancé, puisque nous voyons que les épiciers et les pâtissiers de cette époqueplaçaient devant leurs boutiques des lanternes d’un genre particulier, connuessous le nom de lanternes vivantes, dont le but était non pas d’éclairer les [tas-sants, mais d’attirer les regards des badauds ou des oisifs et de les engager îlela sorte à entrer dans leurs boutiques. Mathurin Régnier (2), dans sa xt° satire,nous [tarie de ce genre d’appareil. 11 conduit sa muse dans un lieu de fortmauvais exemple. Là (3) il rencontre trois horribles vieilles dont l’une,
. . . Qui de soi-même était dimiimtive,
Ressemblail, transparente, à une lanterne viveDont quelque palicier amuse les enfantsOù des oysons bridés, guenuches, éléfans,
Cbiens, chats, lièvres, renards et mainte eslrange besle,
Courent l’une après l’autre.