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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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Les guerres, les discordes civiles ont jeté sur le pavé des troupes de malan-drins qui s'embusquent, nu coin des ruelles sordides où l’on pataugeait alors,et font main basse sur les passants attardés. Nous ne voyons guère ce tempsqu’à travers des récits romanesques et les aventures peu édifiantes où excel-laient les coureuses de la Fronde. Ce fut uni' époque misérable entre toutes,Paris était un cloaque sans lumière et sans eau, il n’y avait que de la fange ( 1).« Nous sommes arrivés à la lie de tous les siècles », dit Guy Patin .

§ 2. — Institution dks cohte-fai.ots.

Ce seul moyen de circuler dans Paris , quand la nuit était tombée, était« de se faire précéder par des valets portant torches et flambeaux » ; cet usages’est conservé dans les étiquettes des cours, au milieu dos villes les plus éclai-rées; c'était une nécessité; le nombre des flambeaux qu’on faisait porter de-vant. soi dépendait moins du rang qu’on occupait que de l’effet qu’on désiraitproduire. Le cardinal de Retz va prendre le bonhomme Broussel et fait allumerhuit ou dix flambeaux pour aller à la porte Saint-Honoré; une autre fois, ilse contentera de deux, sans compter les soirs où il n’en prendra pas du tout,pour se rendre plus secrètement à ses rendez-vous galants.

Cet usage était tellement passé dans les mœurs, qu’il existait à la portedes principaux hôtels une pierre disposée de façon que les laquais for-mant la suite du visiteur pouvaient en cet endroit éteindre leurs torches,qu’ils ne rallumaient que quand leurs maîtres avaient terminé leur visite;mais ce moyen de s’éclairer n’était ni bien _ *, ni surtout à la portée de

toutes les fortunes.

La première personne qui ait fait faire un progrès réel il l’éclairage public, estun abbé illustre dont le nom seul vaut un éloge : l’abbé Laudati, de la maisonde Carat le, prit la choso à cœur; en employant ses amis et son crédit, il obtint au moisde mai 1(502 îles lettres patentes qui lui permettaient d’établir à Paris et dans toutes

de (Irisons et Itougets, et c’est mie eliose eslrange que les archers qui devraient empêcher ledésordre au lieu d v prendre garde, s’endorment et s’assoupissent sur la venaison. » Plus loin,même journée, il est encore parlé d’une infinité « de vagabonds et de coureurs de nuict quipillent et destroussent inesme tous nos marchands ordinaires, et qui, pis est, ils empruntentle nom des escoliers, et font semblant d’estre de leurs caballes ».

(1) Maxime du Camp , ouvrage cité, t. V, p. 271.