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C II A 1*1 T UK X — XVIII e SIÈCLE
« Vaine tentative, nie dit-il, mon moyen est trop simple pour que vous puissiezjamais le trouver. »
M. Argand m’avait prié de lui procurer la connaissance do M. Lange, marchandépicier, parce qu’il espérait par son moyen vendre son secret au corps des épiciers.Cette proposition et le mystère qui l’accompagnait émurent aussi la curiosité deM. L ange, qui se proposa de travailler sur cet objet. Nous nous communiquâmes nosidées. Nos travaux et nos recherches se liront en commun.
11 ost impossible de prêter la moindre créance à l'explication donnée icipar Ouinquet, pour couvrir le plagiat qu'il exerça au préjudice do l’inventeurdos lampes à cylindre de verre et à double courant d’air. Argand avait montréses appareils à un assez grand nombre de personnes pour qu’il ne fût pasdifficile, avec un peu d’intelligence et de soin, d’en construire de semblables.
Pour bien établir ce point fondamental de l'histoire de l’invention deslampes à courant d’air et à cheminée de verre, nous rapporterons les quelquespages <pii terminent b» mémoire de Paul Abeille, intitulé Découverte deslampes à courant d'uir et à cylindre, publié à (îenève en 1785, et qui nous afourni une partie dos renseignements contenus dans les pages qui précèdent.
Avant le départ de M. Argand pour Londres , el par conséquent dès le moisd’octobre 1783, écrit M. P. Abeille, M. de Joubert lié avec M. Lesage proposa à cedernier de recommander à M. Lcnoir, conseiller d’Etat, alors lieutcnanlgénéral de police,la lampe dont il s'agit, et son inventeur. M. Lesage s’y prêta de très bonne grâce; el cemagistrat, qui avait connu M. Argand à l’occasion dos expériences aéroslatiques faitesà Versailles et à Paris, l’acueillit avec sa bonté et son affabilité ordinaires. M. Argand lui présenta sa lampe. La vivacité de la lumière qu'elle répandit dans une chambre oùelle fut placée à différentes hauteurs, et dans différents points de vue, pour mieuxjuger de son elfel, devint à la fois un objet de satisfaction et d’étonnement pourM. Lenoir. Rapportant tout à l’utilité publique, il lit appeler le sieur Segraiu chargé del’entreprise de l’illumination de la ville de Paris .
domine un coup d’œil sur celte lampe eût sul'li pour découvrir le secret deM. Argand, M. Segraiu jugea de l'elfet, mais, sans entrer dans la pièce où lalampe était en expérience, et, quoique ce ne fût pour ainsi dire qu’un modèle grossière-ment exécuté par un ferblantier de Montpellier , cet entrepreneur fut aussi surpris dela grande clarté qu’elle répandait que si elle ne lui eût pas été annoncée.
M. Argand insista à plusieurs reprises sur la défectuosité de celle lampe, quant àla fabrication, il dit que, se proposant d’aller voir l’Angleterre, il proliférait de sonséjour à Londres pour y faire construire par de bous ouvriers non seulement deslampes, mais, ce qui n’était pas moins essentiel, les outils propres à mettre un ouvrierordinaire en état de les exécuter. M. Lenoir, désirant que cette découverte fût portéeà toute sa perfection, le fortifia dans le dessein de faire ce voyage el l’exhorta à le fairepromptement.
Quelque temps après son départ, MM. Quinquet el Lange présentèrent une lampe