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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAIMTHK XI — L’ÙCI.AIItAtiU l’UHLIC Ali XVI11» SIÈCLE

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Dreux du Radier, dans son opuscule si plein d’esprit, lui a consacré quelqueslignes élogieuses :

Mais, disous-le pour l'honneur de l’Eglise, il n’esl pas le seul de sa robe qui sesoit occupé des lanternes , cl qui ail bien mérité de la patrie, j’ose même dire que lecélèbre abbé I*..., de notre tems, a marché dans la même carrière avec bien plusd’éclat. Génie fécond, né pour créer, il ne s’est pas borné à multiplier les lanternes , celan’était qu’un effort utile, mais qui n’était point au-dessus de la portée d’un espritordinaire. Après de profondes rétlexions sur la nature et sur l’effet de la lumière, ilentreprit de donner aux lanternes un éclat inconnu ; et en concentrant adroitement lesrayons, son art leur donna une splendeur qu’ils n’avaient pas. Il fut onlin l’auteur delanternes à réverbère, de ces brillans phénomènes qu’on a regardés comme les rivauxdu soleil. Les applaudissemens furent la récompense de ses travaux: les lanternes àréverbère furent à la veille de chasser toules les autres lanternes, et la garde qui veilleaux barrières du Louvre n'en défendit pas les lanternes de ce palais : Paris mêmefut à la veille de devoir toutes ses lumières aux lanternes de l’abbé P... Quelle gloirepour cet illustre abbé de pouvoir dire que la première des villes du monde ne voyaitque par lui ! Mais, soit raison, soit préjugé, les anciennes lanternes ont été conser-vées : celles de notre industrieux lanternier, admirées par le peuple, adoptées par lesgrands, approuvées par l’Académie, autorisées par le Sénat de la France , combléesde tant d’honneurs, ces lanternes ont été obligées de céder et d aller cacher leurdéfaite dans un magasin, où elles ont langui à la boule de la nation et peut-être a laruine de leur célèbre auteur. Quoique sa gloire n’ait pas besoin des traits d un pin-ceau aussi faible que le mien, je n’ai pas dû regarder indilléremmenl un nom commele sien, et scs lanternes méritaient de tenir ici un rang distingué. Les guirlandes poé-tiques dont elles ont été ornées ne sont point encore fanées ; je veux parler du poèmede M. de Valois d’Orville, où je n’ai rien trouvé à redire que le nom de lanterne sup-primé par l’auteur; ce qui le rend si énigmatique que la trace du fait une fois perdue,on aura de la peine à en comprendre le sujet. Si je ne craignais de passer pourcopiste, je placerais ici ce poème tout entier, mais qu’on me permette au moins d’enretracer quelques traits. Ils adouciront les regrets de la postérité qui me blêmerapeut-être de ma discrétion. C’est ainsi que M. de Valois nous décrit les lanternesà réverbère :

Le règne de la nuit désormais va finir.

Des mortels renommés par leur sage industrieDe leur climat sont prêts à le bannir.

Vois les ell'ols de leur génie!

Pour placer la lumière en un corps transparent,

Avec un verre épais une lampe est formée:

Dans son centre une mèche avec art enferméeFrappe un réverbère éclatant,

Qui d’abord la réfléchissant

Porte contre la nuit sa splendeur enllammée.

Dlobes brillants, astres nouveaux,

Que tout Paris admire au milieu des ténèbres.

Dissipez leurs horreurs funèbresPar la clarté de vos flambeaux.