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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XI — L’ÉCLAIRA G E PUBLIC AU XVIII p SIÈCLE

sa lanterne à réverbère perfectionnée; il fait insérer dans la Feuille Nécessairede 1759 l’annonce suivante :

On a cherché divers moyens de faire produire à une seule mèche allumée unplus grand effet, soit en repoussant la lumière, soit en évitant dans le corps des lan-ternes tout ce qui peut faire ombre.

Les lanternes optiques et les globes de verre ont paru avoir ce double avantage;mais on est obligé de convenir que les lampes à réverbère renvoient plus delumière.

Ces lampes ont pour fond une plaque concave qui doit être de métal très poli etfacile à nettoyer lorsqu’il se ternit. Elles sont solides et ne sont point chères; on entrouve de différentes façons rue de la Comédie-Française, à l’hôtel de la Foulrière,chez M. de Châleaublanc, où on peut les commander dans la grandeur et dans laforme que l’on souhaitera.

Du veste, ce bourgeois de Châteaublanc ne se contentait pas de s’occuperd’éclairage public, il cherchait à faire admettre ses lampes par les gens raffinésde son époque en déclarant que la lumière de ses appareils était plus belle quecelle de la plus excellente bougie :

Celle lumière , ajoute-t-il, peut être variée par les différentes formes de ceslampes, conformément aux lieux que l’on veut éclairer. Les plus fortes gelées ne peu-vent porter aucun obstacle à leur lumière, pourvu qu’on ait soin de remplacerchaque fois qu'on les allume l’huile qu’elles auront consommée.

On peut transporter ces lampes, même négligemment, sans craindre que l’huilese répande; on peut aussi s’en servir on toute sûreté dans les lieux les plus suscepti-bles d’incendie. Il y a de ces lampes et lanternes destinées à être suspendues au milieudes plafonds, d’autres garnies de roulettes pour monter dans les encoignures, contredes murs, etc., sans craindre de gâter aucune des choses qui en approchent; il y en amôme qui sont préparées pour être placées dans des lits, d'autres sur des bras decheminées, sur des tables, etc.

Les unes en forme d’if, de pomme do pin, de globe et de pot à feu; d’autres repré-sentent des Heurs et différents animaux. On en fait aussi pour éclairer les carrosseset les chaises de poste eu dedans et en dehors.

L’autour donnera tous les éclaircissements nécessaires aux personnes qui luiferont l’honneur do s’adresser à lui.

On peut voir dans la cour de l’hôtel de] la Foutrière l'effet de ces lanternes etlampes à réverbère et aspirantes.

Il no faut pas oublier do rappeler ici le nom de notre célèbre inventeurbabiqueau qui, peut-être avec moins do bonheur que bourgeois de Château-blanc, mais avec un mérite au moins égal, s’est préoccupé de la question siimportante de l’éclairage public.