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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XI — L’ÉCLAIRAGE PUBLIC AU XVIII e SIÈCLE

sultanes. 11 est donc probable que les alentours étaient éclairés avec quelquesoin et qu’on avait pris des précautions pour en rendre les abords faciles.

11 y a, dit Sterne, un passage fort long et fort obscur qui va de l’Opéra-Gomiquo à une rue fort étroite. 11 est ordinairement fréquenté par ceux qui attendenthumblement l’arrivée d’un liacre ou qui veulent se retirer tranquillement quand lespectacle est Uni. Le bout de ce passage, vers la salle, est éclairé par une petite chan-delle, dont la faible lumière se perd avant que l’on arrive à l’autre bout. Celte chan-delle est peu utile, mais elle sert d’ornement, elle paraît de loin comme une étoilelixe de la moindre grandeur : elle brûle et ne fait aucun bien à l’univers.

Si les environs d’un théâtre à la mode étaient éclairés de la sorte, quepenser du reste de la ville?

C’est en 170b que l’on commença à s’occuper sérieusement de substi-tuer les réverbères aux lanternes.

On parle depuis longtemps, dit un journal de cette époque, de suppléer aux lan-ternes qui éclairent cette grande ville, par un moyen plus commode et d’un plusgrand effet.

L’attention des magistrats a même été de proposer un prix à celui qui fourniraitsur cet objet quelque invention utile. Divers particuliers prétendent y avoir réussi.Mais l’expérience étant le seul moyen de connaître et d’apprécier le degré d’utilité desnouvelles lanternes proposées, on vient d’en placer de différentes formes dans plu-sieurs quartiers de l*aris, eL entre autres dans les rues du lloule, Saint-llonoré et deRichelieu.

Ces lampes produisent un effet bien supérieur à nos lanternes. A l’égard du choixdans les formes tentées, il faut d’abord peser les frais, la promptitude du service etl’effet qui en résulte, après quoi on pourra décider celle à laquelle on doit donner lapréférence.

Cet essai fournit l’occasion à tous ceux qui prirent part à ce concours devanter leurs appareils tout en dépréciant ceux de leurs rivaux.

Le sieur Kabiqueau ne fut pas le dernier à prendre la parole.

Les nouvelles lanternes, dit-il, placées de droite et de gauche dans la rue neuveSaint-Augustin, attirant déjà des reproches à M. Rabiqueau, il déclare qu’il n’y aaucune part, et que lesdils vices qu’elles renferment suffisent pour en appeler commed’abus.

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De son coté, bourgeois de Clniteaublanc ne reste pas inactif, il invoquele privilège (1) qui lui a été accordé par le roi : fort de ce brevet, il établitune manufacture rue Saint-Louis, près le Palais.

(I) Le roi cil son conseil a permis et permet au sieur Dominique-François Bourgeois deChàteaublanc de continuer lui et ses hoirs ou ayants cause, pendant quinze ans, à fabriquer,