CHAPITRE XI
L’ÉCLAIRAGE PUBLIC AU XVIII e SIÈCLE
que l’on les désire: raison pourquoi les personnes qui veulent en faire emplette, sontpriées de les demander d’avance et de désigner à quel usage on veut s’en servir; c’estle moyen d’être servi avec toute la solidité et l’exactitude possible, et au plus justeprix. Un abus public oblige d’observer ici que différentes personnes qui, par commis-sion ou autrement, font commerce de lampes, et afin de les accréditer viennent prendredes imprimés instructifs à la manufacture, et les envoyent avec des lampes achetéesau hasard, au sujet desquelles il résulte des plaintes : raison pourquoi l'on prie d’avoirattention que ces lampes soient marquées Bourgeois de Châteaublanc, sans quoi onne doit pas ajouter foi qu’elles aient été achetées à la manufacture.
Mais Rabiqueau ne se tint pas pour battu, et dans la même année1705 il répondit à Bourgeois de Châteaublanc en déclarant que, jaloux dubien général et de la gloire de sa nation, il commencera sur-le-champ à sesfrais si l’on veut l’autoriser à éclairer d’une seule lampe le Pont-Neuf , la placeDauphine, les quais des Orfèvres et de la Volaille.
11 éclairera de même avec une seule lampe le Pont-Royal, la face des Tuileries et le côté des carrosses de Versailles . Il y en aura une autre à sa porto et ce sansprétendre au concours, en convenant seulement qu’il lui sera délivré pour son huilejournalière, pour les frais et l’entretien, le nombre de chandelles que ces lampeséteindront chaque jour, en outre moitié des cinq livres par lanterne, qui se payentaux vitriers pour le nettoyage et entretien des cordes, leur laissant l’autre moitié sansrien faire, ainsi que le prix de ce qu’on paye pour allumer, jusqu’il ce que la Cour,la Police ou le Parlement ayent fait un règlement.
Comme les frais d’établissement seraient considérables et semblent effrayer,M. Rabiqueau trouvera des entrepreneurs, dès qu’on leur adjugera pendant douze ansla même somme annuelle qu’il en coûte tant d’ordinaire qu’extraordinaire, outre lesanciennes lanternes et les débris.
Après ces douze ans, on aura un gain annuel sûr, n’ayant plus qu’à entretenir.Cet essai fait, l'Etal peut encore choisir la régie proposée. On paiera simplement leshonoraires de l’auteur pendant l’établissement; cet auteur,étant plus jaloux du succèsque de la fortune, s’arrangera au gré du ministre, s’il veut en prendre connaissance.
composent, soit pour les supports, suspensions, attaches ou autrement; lui permet aussi d’as-socier à son entreprise telles personnes qu'il jugera à propos, nobles ou roturiers, sans quepour raison de cette fabrication, les nobles puissent déroger à la noblesse. Fait Sa Majestédéfense à toutes communautés d’arts et métiers, particulièrement aux ferblantiers, et à toutesautres personnes, de quelques condition et qualité qu’elles soient, de troubler le suppliantou ses hoirs et ayants cause dans la fabrication desdiles lampes et lanternes, à peine de tousdépens, dommages et intérêts; et seront sur le présent arrêt, toutes lettres nécessaires expé-diées.
Fait au Conseil d’État du roi, tenu à Versailles le I er janvier 1705.