CHAPITRE XI — L'ÉCLAIRAGE PUBLIC AU XVIII 0 SIÈCLE
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On brùloit dans cetle lampe de l’huile de faîne (l) qui donne la même lumièreque l'huile d’olive et que l’on a démontré devoir couler les deux tiers moins que cettedernière en la faisant exploiter par économie et en obtenant la permission d’enramasser dans les endroits où la faine est abondante et commode pour le transport.
IJn autre avantage singulier, c'est que cette lampe qui n’avoit qu’un lumignonproduisoit trois lumières, une naturelle et deux de réllexion, frappant à droite et àgauche le pavé d'un grand éclat, suivant la longueur do la rue, à la distance au moinsde 12 toises de chaque côté. Les réverbères qui occasionnoient ces réllexions étoientplacés de manière à ne point éblouir la vue, à no pouvoir être noircis par la fuméeet de façon que les auvents ne pouvoionl apporter aucun obstacle à leur clarté.
Unliu la facilité du service de cette lampe n'étoit pas moins remarquable : il nefallait point la descendre, ni monter à une échelle pour l’allumer. A l’aide d'un lil decolon de 5 pouces de long, imbibé d’huile d’aspic que l’on lixoit par un bout au becde la lampe, et dont l’autre bout éloit appuyé sur le bord extérieur de la lanterne, onparvenait à rallumer en un clin d’œil à l’entrée de la nuit, il n’étoit plus question quedo présenter à cette mèche aspicée la lumière d’une petite bougie placée au boutd’un bâton de 3 à S pieds de long, laquelle la communiquoil sur-le-champ à la lampe.11 seroit difficile d’imaginer un service journalier pour nos lanternes plus prompt etplus expéditif; ce seroit l'affaire d’une seconde pour allumer chacune d’elles. Onprétend que ce projet d’illumination, (pii est de M. Patte, auteur des monuments érigésàla gloire de Louis XV , opéreroit mie épargne de moitié sur la dépense que l’on faitpour éclairer actuellement cetle capitale, sans compter qu elle jouirait d’une clartésupérieure, toujours égale pendant toute la nuit, et sans que le milieu des rues lûtembarrassé par les lanternes dans le service, s’exécuteroit avec une célérité unique.
Lu substitution clos réverbères aux lanternes lïil loin cependant de l'airedans l'éclairage public une ré ' on telle qu’on put se passer du service desporte-iïambeaux.
Celle industrie (2) occupe alors tous les vagabonds et gens sans aveu qui encom-brent (3) la porte des hôtels où l’on reçoit: ils sont à la sortie des théâtres, ils vaquent
(1) On appelle faîne un fruit triangulaire que porte le hêtre, fruit que l’on néglige etlaisse perdre dans les forêts.
(2) Maxime du Camp, Paris , t. V, p. 280.
(3j On conçoit dès lors qu'une réglementation sérieuse fût devenue indispensable, et letexte ci-dessous indique les mesures qui furent prises à ce sujet :
« Cet établissement a pour objet la commodité et la sârelé des citoyens de cette capitale.11 réussit parce que tout ce qui est utile réussira toujours. Il était d’ailleurs en usage àLondres long-lems avant que d’avoir lieu dans Paris ; mais comme dans cetle dernièreville le nombre des porte-falots est considérablement augmenté, M. le lieutenant généralde police vient d’ordonner (pie pour prévenir les inconvénients dont le c pourvoit seplaindre, à l’avenir, chaque porte-falot sera muni d une commission contenant son signale-ment; qu’il portera toujours la nuit son falot allumé; qu’il ne pourra sous quelque prétexte