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CHAPITBE XI — L’ÉCL Al BAGE PUBLIC AU XV1I1 0 SIÈCLE
§ 3. — Opinion des contemporains sur les nouveaux réverbères.
L'opinion de Mercier dans son Tableau de Paris est intéressante à noter :dans le premier volume de son ouvrage, il est plein d’enthousiasme pour lesréverbères :
Il n’y a plus, dit-il, de lanternes depuis seize ans. Des réverbères ont pris leurplace. Autrefois, huit mille lanternes avec des chandelles mal posées, que le ventéteignait ou faisait couler, éclairaient mal et no donnaient qu’une lumière pâle,vacillante, incertaine, entrecoupée d’ombres mobiles et dangereuses.
Aujourd’hui l’on a trouvé le moyen de procurer une plus grande clarté à la villeet de joindre à cet avantage la facilité du service. Les feux combinés de douze centsréverbères jettent une lumière égale, vive et durable.
Un pou plus tard, dans le neuvième volume de son Tableau de Paris , lemême auteur change totalement de langage : il n’y a pas d’injures dont iln’accable ces malheureux réverbères.
Ils sont mal posés, dit-il; ces masses de feu forment, comme dit Milton, desténèbres visibles ; on devrait les appliquer contre la muraille. De loin, cette llammerougeâtre blesse les yeux ; de près, elle donne peu de lumière, et dessous vous ôtesdans l’obscurité.
Il manque donc à cette partie do la police ce degré de perfection qu’on doitporter dans ce qui intéresse l’ordre ou le bien public. Il serait à souhaiter d’ailleursqu’on veillât avec plus de soin sur la conduite de ceux qui sont chargés de les allumer.Ils y mettent le moins d’huile possible; et le plus souvent dès neuf à dix heures dusoir il y en a la moitié d’éteints. Vous n’en apercevez souvent que la trace danscertaines rues, vous en voyez un dans le lointain, qui vous avertit de la friponnerie del’allumeur.
premier chapiteau est surmonté d’un second qui s’élève en forme de dôme et couvre toute lalanterne. Les verres sont de Bohême et de la manufacture de Saint-Kirin.
La lampe est à réservoir. Il y en a à 1 hec de lumière, à 2, à .‘I et à 4 selon les endroitsqu’on veut éclairer; c’est-à-dire à t bec pour les culs-de-sac, à 2 pour les rues ordinaires,à d quand il se trouve une rue de traverse, et à 4 pour les carrefours. Lesdits becs sontdirigés suivant le local, afin de tirer tout le parti possible de la lumière. Derrière chacunde ces hecs, il y a un réverbère qui réfléchit la lumière fort loin et l’augmente considé-rablement. Les lanternes sont distantes les unes des autres de .'10 toises, et élevées de terre de16 pieds.
Il y a pour les suspendre une tenture faite exprès, qui fixe la lanterne et la rend inva-riable.