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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XI —. L'ÉCLAIRAGE PUBLIC AU XVIIU SIÈCLE

A S i

l’ordre symétrique offre le spectacle le plus brillant : on en forme différentsdessins de vases, d’architecture, etc. Les lampions consistent en un petit vasede fer-blanc, de verre ou de terre cuite, propre à contenir de l’huile ou dusuif. On les fait quelquefois aussi en verre soit blanc, soit teinté ; d’autresont une couleur mi-partie, de solde que l’illumination change d’aspect, suivantle coté où l’on se place.

« dépendant les illuminations de ce genre ont le défaut de coûter tropcher, et par mesure d’économie on se contente quelquefois d’une décorationpeinte sur toile ou sur papier, derrière laquelle on place des lumières pour enfaire paraître le dessin. On en fait aussi en terrines et en lampions, ou en petiteslanternes de papier ou de verre de différentes couleurs, placés suivant leslignes et les principaux contours de la décoration, sur laquelle on lesapplique ».

Quand ces manifestations étaient dues aux soins du gouvernement, ellesne devaient pas laisser que d’êlre fort brillantes ; ainsi dans le compte rendu dela fête donnée par M. Julien, consul de France à Nice , à. l’occasion de lanaissance du duc de Bourgogne , le Mercure de janvier 1752 écrit :

A six heures, la maison de M. le consul fut illuminée de gros ilambeaux de cire.Los armes du ltoi paraissoicnl au milieu de la façade, et, aux deux bouts, on voyaitcelles de Monseigneur le Dauphin et deM. le duc de bourgogne.

Le même journal rapporte qu’en 1785, la place que nous appelons aujour-d’hui place de la Concorde avait été particulièrement remarquable.

Les illuminations des bâtiments de la place Louis XV offrent le coup d’oeil d’unpalais enchanté. Depuis l’avant-dernière paix, on n’avait pas vu dans Paris d’illumi-nations plus soignées ni plus brillantes; et dans aucun pays on n’en a jamais dessinéde plus galantes.

La beauté de la journée, la nuit la plus calme permirent à tout Paris de prendrepart à celte fêle ; et ce qui acheva de la rendre agréable, c’est que la bonne police etl’ordre qu’on avait établi, ne fut troublé par aucun accident. Les autres illuminationsremarquables furent celles du palais du Luxembourg , du Temple, de l’Hôtel de l’infan-tada, et de son pendant, celui de M. de la Iteynière, de l'Hôtel de Groï, etc.

Au xvm e siècle, l’nrt do lu pyrotechnie a été poussé très loin ; les feuxd’artifice que l’on faisait alors étaient de véritables monuments, et ils sem-blent avoir beaucoup intéressé les contemporains, puisqu’à. la suite de ces fêteson publiait des gravures en couleur pour en perpétuer le souvenir :

Vue et décoration de la façade du feu d’artifice élevé dans la place de Grève, tiré