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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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et qu’il écrase le motif dont la mission esl de le supporter. Si peu acceptable quesoit ce modèle, il a en cependant une grande vogue, nous le voyons paraîtredès la lin dn xvin c siècle, et en 1812 nous le retrouvons signalé comme unenouveauté par le journal auquel nous avons jusqu’à présent emprunté lesexemples (pie nous venons de citer.

§ 3. — Lampes .

Pendant le premier tiers du xix“ siècle, le puissant mouvement derecherches qui avait pris naissance lors des travaux d’Arganil se manifested’une façon plus active encore, après l’interruption forcée de la période révo-lutionnaire ; cependant , quel qu’ait été le génie des inventeurs, tous les appa-riais ipi’ils fabriquent ne sont pas encore assez parfaits pour pouvoir êtreadmis par la société élégante du premier Empire . La lampe jouit d’une défa-veur vraiment imméritée; et cet état de choses continue même sous la Res-tauration (1); bannie des maisons éprises de l’ancien régime, elle se vitdédaignée par ceux qui, à cette époque, s’intitulaient de bonne compagnie.Des peintures qui repoussent tout soupçon de fortune nouvelle , grand feu sousune vaste cheminée, candélabres à sept branches , bougies, point de lampes, devieux domestiques en livrée , des hommes de la vieille roche et de la politessescrupuleuse , tel était l’aspect d’un salon bien pensant on 1827. Et celas’explique par ce fait que les personnages alors âgés n’avaient pas abdiqueles préjugés de leur jeunesse, à l’égard des lampes : c’est ainsi que M rae detïenlis était amenée à écrire dans son Dictionnaire des étiquettes de la Cour(1.1,!». 310):

Depuis que les lampes sont à la mode, ce sont les jeunes gens qui portent leslunettes, et l’on ne trouve plus de bons yeux que parmi les vieillards qui ont con-servé l’habitude de lire et d’écrire avec une bougie voilée d’un garde-vue. On convientque les lampes sont pernicieuses pour les yeux et que même leur odeur est dange-reuse, surtout pour les nerfs, mais qu’importent ces bagatelles tant que l’on trou-vera qu’une lampe a plus d’élégance qu’un beau ilambeau.

Cet ostracisme est d’autant plus injuste qu’au commencement duxix' siècle la lampe ne ressemblait plus en aucune façon à ce qu’elle était auxépoques précédentes; pour s’en convaincre, il suffit de mettre en parallèle la

iO llavard, ouvrage cité, t. 111, col. 200 et 21 A.