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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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FONTAINE A II DENTE DE OHENORLE

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mite, tandis qu’ello sem])lait rougeâtre si on la contemplait, à la lumière dnjour. Jean Tardin avait comparé ces émanations avec le llnide qni s’échappedans certains cas du bois ou du charbon en combustion :

Doue tout ainsi comme la diversité des lieux ne fait pas différer essentiellementun feu d’avec l’autre, aussi la distinction dos matières auxquelles il se trouve n’apportepoint de distinction essentielle : car le feu do charbon et le feu de llamme sont d’unemesme essence et nature, puisque nous voyons que la llamme allume le charbon, etle feu de charbon produit la flamme, et bien souvent un mesme corps, par exemple, unmesme bois entretient le feu de llamme et le feu de charbon tout ensemble : car c’estun mesme humeur gras et onctueux, lequel entretient, et le feu de flamme, et le feude charbon, bien qu’il soit autrement disposé en la llamme et autrement disposé aucharbon.

Plus loin, il définit d’une façon très claire le gaz qui sort du pétrole :

La matière de la flamme est ce mesme humeur gras et combustible, en tant qu’ilest atténué et raréfié, et réduit en exhalation, comme il se voit clairement en lachandele fraischement estaincte : car vous voyez qu’après fa llamme il reste l’exhalationmontant en haut, laquelle sans faute estoit la matière de la llamme : car si ceste exha-lation vient à rencontrer la flamme d’une autre chandele allumée, elle tourne s’allumeraussitôt : tellement que la première condition que doit avoir la matière de la flamme,c’est d’eslre atténuée et réduite en exhalation, mais avec cela elle demande encoretrois autres qualitez ; car elle doit estre en un air libre, qui ne soit aucunementcontraint, et outre elle doit estre pure et nette, et sans mélange d’aucune vapeur, eten dernier lieu, elle doit estre unie et non pas dissipée.

On demande pourquoy est ce que nous avons de besoin do la mcsche en noslampes, et chandelles, on allègue beaucoup de raison la dessus, mais quant à inoyj’estime que la raison est d’autant que l’buille, et la cire, et autres semblablesmatières demeurants en leur consistence grasse et espaisse, ne peuvent recevoir laflamme, mais il faut nécessairement qu’elles soyent réduictes en exhalation.

Or pour ce faire si nous n’avions point de mesche il faudrait un grand feu, lequelagissant au fonds de la lampe enfin feroit résoudre l’buille en exhalation, mais ainsifaisant il se falroiL un grand desgasl de l’buille, et si avec cela le feu no feroit pointtant propre à l’usage que nous demandons, Doncques nous nous servons de la mes-che, et la trempons dans l’buille, afin qu’elle en attire une petite portion, et mettant lebout de ceste mesche en dehors, nous séparons ceste petite portion d’huille desautres, tellement qu’un petit feu peut facilement réduire en exhalation ceste petiteportion d’huille, laquelle est au bout de la mesche ; l’huille doncques ainsi réduite enexhalation reçoit incontinent la flamme et ceste llamme attire la portion d’huille laplus voisine et l’atténue, et réduit en exhalation pour luy servir de nourriture.

Et à ce propos je m’en va vous dire une recepte pour faire deux petits marmou-sets, l’un desquels estaindra un flambeau allumé, et l’autre le rallumera estant éteint.Faictes faire deux marmousets de pierre, de bois, ou telle matière qu’il vous plaira, etque tous deux ayent la teste creuse, et un trou qui vienne respondre au bout de la

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