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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XIII — GAZ HYDROGÈNE

§ 5. — Puits de feu en Chine .

Cependant, si nombreuses que soient ces sources de gaz naturel, leurvéritable patrie est la Chine , vaste région où rien n’est plus commun que lespuits de feu. Dans les endroits où des dégagements de cette nature se produi-sent, les habitants du Céleste-Einpire savent, au moyen de trous de sonde,faire arriver à la surface de la terre (I) les gaz inflammables pour les employerensuite au chauffage et à l’éclairage.

Malheureusement, les sciences et l’industrie sont restées stationnairesdans l’empire du Milieu, et l'emploi de lu houille et du gaz de l’éclairage 11 es’est, à aucune époque, généralisé parmi les sujets du Fils du Ciel.

Dans le compte rendu des séances de l’Académie des sciences du5 décembre I8d(i, nous trouvons le rapport d’un missionnaire sur les usagesque les Chinois oui su tirer des puits de feu situés dans les environs de Canton.On voit dans cette pièce la description de l’une des grandes salines queces puits alimentent de feu :

A mi pied sous terre, dit-il, sur les quatre faces du puits sont plantés quatreénormes tubes de bambou qui conduisent le feu sous des chaudières.

Chaque chaudière a un tube de bambou ou conducteur du feu, à la tète duquelest un bout de terre glaise liant de six pouces, ayant au centre un trou d’un pouce dediamètre. Cette terre empêche le feu de brûler le bambou ; d’autres bambous, mis endehors, éclairent les cours et les grandes halles ou usines. On 11e peut employer tout lefeu ; l’excédent est conduit hors de l’enceinte de la saline et y forme trois cheminéesoù d’énormes gerbes de feu llotlouL en voltigeant à deux pieds de hauteur au-dessus dela cheminée. La surface du terrain de la cour est extrêmement chaude et brûle sousles pieds ; en janvier même, tous les ouvriers sont à demi nus, n’ayant qu’un petitcaleçon pour se couvrir.

Le feu de ce gaz 11e produit pas de fumée, mais une vapeur de bitume très fortequ’011 sent à deux lieues à la ronde. La llamine est rougeâtre comme celle du char-bon ; elle n’est pas attachée eL enracinée à l’orilice du tube, comme le serait celled’une lampe, mais elle voltige à deux pouces de cet orilice, ayant une hauteur d’àpeu près deux pieds. Dans l’hiver, les pauvres, pour se chauffer, creusent en rond lesable à un pied de profondeur, une dizaine de malheureux s’assoient autour ; avec unepoignée de paille, ils enflamment ce creux et ils se chaulfent de celte façon aussi long-temps que bon leur semble ; ensuite ils comblent le trou avec du sable, et le feus’éteint.

(1) Ed. Fournier, Vieux Neuf, t. II.