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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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PRODUITS SECONDAIRES TIRÉS DE LA HOUILLE

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on Angleterre ; il lit paraître dans le Journal (/encrai de France (I) le compterendu de ses expériences qui eurent lieu en présence de MM. de llull'on,Lavoisier et Berthollet.

Le gouvernement,rapporte ce journal, instruit de sa découverte, a en conséquenceordonné des expériences.

Un appareil assez considérable a été élevé dans un enclos particulier du jardindu roi; et c’est là que M. de Faujas a opéré à la fois sur quatorze ou quinze milliers docharbon déterre. Pour sentir toute l'importance de sa découverte, il faut savoir que cecharbon, lorsqu’on veut l’employer comme chaullage dans nos cheminées, doit subirauparavant une préparation particulière qui consiste à le brûler en partie et a ledépouiller ainsi de cette odeur forte qu’il exhale dans sa combustion, ci qui incommo-derait beaucoup si on la respirait ; brûlé de cette manière, à moitié, il devient ce queles Anglais appellent cw.r, et ce qu’en France nous nommons, je ne sais pourquoi, ducharbon épuré. Mais jusqu’à présent, l’opération pour brûler le charbon avait été enpure perte. File se faisait en plein air; on laissait évaporer la fumée; et c’est celtefumée dont M. de Faujas a su tirer tant de parti. Fn la faisant passer successivementmais lentement, par plusieurs canaux et plusieurs appareils très ingénieux, il l’a faitcondenser; et la vapeur condensée, devenue liqueur, donne à la fois du goudron, de1 alcali volatil et de l’huile de pétrole.

Ainsi dans cette opération tout est prolit. D’une fumée qu'on regardait commeinutile, il tire, lui, trois produits à la fois ; et ce qu’il faut bien remarquer, le charbonqui les lui a donnés reste charbon épuré, c’est-à-dire propre à nous chauffer et à êtreemployé dans les forges où l’on travaille le fer doux.

On sait que l’huile de pétrole est intéressante pour les arts. L’alcali volatil uni àl’acide marin peut former du sol ammoniac, sel connu de tout le monde cL si employépour les soudures et les étainages.

Quant au goudron, qui est le seul objet que nous considérons ici, M. Faujas, dansles trois fournées qu’il a déjà faites en a retiré cinq livres par quintal de charbon.

Malheureusement, pour notre pays, les rapporteurs, ayant trouvé sesappareils inférieurs à ceux (le l’invention anglaise, émirent une opinion défavo-rable à M. Faujas, et on abandonna ce projet, sans avoir égard à la.concordancequi régnait entre les résultats obtenus en France el en Angleterre, comme lesexpériences l’avaient prouvé.

D’autres tentatives du meme genre, faites (à Lyon sur les houilles deUivc-de-Gier et dirigées par le même savant, furent 1res satisfaisantes, etcette manière d’opérer fut adoptée par la Compagnie en 178S.

(1) Année I78.'i.

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