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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XIII — GAZ HYDROGÈNE

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Toutefois, cette tentative ne donna aucun résultat satisfaisant, et elle futmomentanément abandonnée. En mars 1802, Murdoch lit un nouvel essai quin’était pas supérieur à l'expérience (pie Diller avait faite en France quatorzeans plus tôt (1788). A l’occasion de la paix d’Amiens , Murdoch avait illuminéla façade de la fabrique de Watt et lloulton, au moyen de deux grosses llammessemblables à des feux de Hengale. En 1802, dans cette moine fabrique et del’aveu même de Samuel Clegg , on se servait de lampes à huile. Pour la pre-mière lois, l’année suivante, on s’occupa sérieusement d’installer l’éclairage augaz, et c’est seulement en 1805 que ce mode d’éclairage fut définitivementadopté dans la fabrique de James Walt. Vers la même époque Murdoch entrepritl’éclairage permanent de la lilature de coton de M. Lee, de Manchester,opération dont il rendit compte à la Société royale (1).

Ce qui prouve (pie l’invention île n’est pas aussi ancienne que

ses compatriotes voudraient bien le faire croire, c’est que le premier compterendu des expériences que ce chimiste lut à la Société royale de Londres estdaté du 25 février 1805.

Dans ce travail, qui est. le premier document scientifique se rapportant àl’éclairage au gaz extrait de la bouille, Murdoch décrivit des appareils qu’ilavait établis chez MM. Phillipes Lee; au surplus ce gaz était bien imparfaitet il était si peu épuré qu’on fut obligé de placer des poches à goudron sur

(Ij En dehors do co compte rendu olliciel, nous avons trouvé, dans un journal presquecontemporain, des détails intéressants sur ces premiers essais de l'installation du gaz. 11 estsurtout instructif de remarquer avec quelle désinvolture l’auteur anglais parle de l'inventionde Lebon : « L’application du gaz hydrogène à l’éclairage, dit cette feuille, a lieu en grand enAngleterre, dans une lilature à Manchester . C'est M. W. Murdoch qui, après beaucoup d’expé-riences, l’y a établi. Cette manufacture est une des plus considérables de la Grande-Hrelagne,et ses ateliers, ses comptoirs, ses magasins, la maison des propriétaires qui y est adjacente,forment une masse énorme de bâtiments. Tout y est éclairé par le gaz tiré de la houille.M. Murdoch évalue la lumière produite dans ce grand nombre depièces à celle que donneraient2,(>00 chandelles de (i à la livre.

« La houille se distille dans de grandes cornues de fer. Le gaz est conduit par des tuyauxde même métal dans de grands réservoirs ou gazomètres, où il est lavé et purifié avant depasser par d’autres tuyaux qui le conduisent aux endroits que l’on veut éclairer. Ces tuyauxse terminent par des becs où la combustion s’opère, et qui sont garnis de robinets au moyendesquels on peut graduer l’émission de gaz à volonté.

« Les becs sont de deux espèces : les uns se rapprochent par la forme de ceux qui sontemployés dans les lampes d’Argand ; les autres sont en forme de tube recourbé, avec une ex-trémité conique percée de trois orilices pour l’issue du gaz.

« Il y a, dans la totalité de la manufacture, 271 becs de la première espèce et 033 de laseconde. Tous ces becs réunis consomment par heure 1,230 pieds cubes de gaz. La dépense