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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XIII

GAZ HYDROGÈNE

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où il pût trouver les ressources pécuniaires et l’appui moral dont il avaitbesoin. En 1801 il publia à Londres le prospectus d’une Compagnie natio-nale pour la lumière et la chaleur. Il promettait à ceux qui prendraientune action de 100 francs dans sa Compagnie un revenu annuel de12,450 francs, lequel, ajoutait-il, était probablement destiné à atteindre unjour dix fois cette somme. Comme on avait manifesté la crainte que l’extensionde son système d’éclairage n’amenât peu à peu l’épuisement des mines debouille, Winsor déclarait avec assurance que le coke, résidu de la distillationdelà bouille, donnerait, en brûlant, deux fois plus de chaleur que le charboncpii l’avait fourni.

Le capital de 1,21)0,000 francs demandé par Winsor fut entièrementsouscrit; mais cette somme, au lieu de produire les revenus fabuleux quel’on avait annoncés, fut tout entière absorbée par les expériences.

Winsor ne se découragea pas. Appuyé par une commission de vingt-sixmembres choisis parmi ses anciens actionnaires, et qui se composait de ban-quiers, de magistrats, de propriétaires, d’un médecin et d’un avocat, il ren-chérit si bien sur ses premières affirmations qu’il se fit accorder une sommede 480,000 francs pour continuer ses expériences.

Le 1 er mars 1808 (I), Winsor annonça à ses actionnaires qu’il avaitadressé à Georges lit une demande pour obtenir le privilège exclusif de

(1) « M. Winsor a publié un mémoire sur sa nouvelle manière “ la combustion

de la houille à l’éclairage des rues. 11 paraît (pie scs appareils ne sont qu'une modification destbcrmolampes ; car, comme ces derniers, ils servent à la distillation du combustible, ils fonten même temps l’effet du poêle et éclairent par la combustion du gaz hydrogène.

« hauteur ne s’explique ni sur la forme ni sur la construction de ses non veaux fourneauxà éclairer, mais il détaille avec beaucoup do soin les avantages qu’ils présentent. Le prin-cipal de ces avantages, et qui prouve en même temps toute la perfection de ses appareils,c’est qu’ils fournissent en produits utiles une quantité égale en poids à celle du combustibleemployé. Ges produits sont au nombre de quatre, savoir : 1° du charbon épuré ou houillecarbonisée, connue sous le nom de coke ; 2° une huile empyreumalique propre à la pein-ture, ce qui doit la faire supposer dans un grand état de pureté; 3° une liqueur ammo-niacale qu’on vend dans cet état et dont on extrait l’ammoniaque ; et 4° du gaz hydrogèneou air inflammable.

« Ges avantages parurent si exagérés que la Société royale de Londres nomma unecommission pour vérifier les laits. Les expériences faites par l’auteur en présence de lacommission prouvèrent clairement que deux pecks ou un quart de boisseau anglais decharbon, dont la valeur est de 20 sols en France au plus, se transformaient en deux heuresde temps en produits évalués il 7 livres 14 sols, ce qui porte à environ 354 livres S sols leproduit d’un chaldron (30 boisseaux anglais ) de houille.

« Indépendamment de ces expériences, M. Winsor a entrepris publiquement plusieurs