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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XIV — ACCESSOIRES DE L’ÉCLAIRAGE

1421. — Un char paint de verl, et par dessus semé et empli de fusilz et flambezde lin or et la pierre et les esclas d’argent, à la devise des estendars de Monseigneur(Ducs de Bourgogne , n° (il8).

§ 3. — Briquets Piiosi'iiomyuES.

Ce genre de briquet était connu dès l’antiquité, si nous nous en rappor-tons au témoignage d’un auteur, Biaise de Vigenère, qui, au commencementdu xvn 8 siècle, a écrit un curieux traité du l'eu et du sel.

Après avoir exposé la fameuse histoire des lampes inextinguibles, ilajoute :

Mais on pourroit dire (pie cela aussi n’est que fable, je le lairray décider auxautres, et diray qu’il m’est une fois advenu, ne cherchant rien moins que cela, dem’estre rencontré en une substance, conduit à cela par des graduez arliiices du feu ;laquelle bien renclose dans une phiolle de verre, et scellée du seau d’Hermès , quel’air n’y entre en sorte quelconque, se gardoroit plus de mille ans au fonds, à manièrede parler, de la mer : et l’ouvrant, au bout d’un tel et si long terme qu’on voudra, ouy trouvera du feu soudain qu’elle sentira l’air, pour allumer une allumette. Nouslisons au 2° livre des Machabées , chapitres 1 et 2, qu’à la transmigration de Babylone ,les lévites ayant caché leur feu sacré au fond d’un puits, septante ans après s’yretrouva une eau époisse et blanchâtre qui, soudain que les raiz du soleil eurentdonné dessus, s’enflamha.

Cependant, cette expérience est ‘ un phénomène de phosphores-cence qu’un briquet proprement dit ; il faut arriver jusqu’à la lin du xvin*sièclepour trouver des appareils fonctionnant d’une manière pratique. A la date de1780, on annonce différents instruments de cette espèce: l’un est du sieurbienvenu, ingénieur en instruments de physique, a Paris , rue de Rohan, n° 18,qui prévient le public qu’il vient, de trouver la composition des briquets physi-ques et phosphoriques venant d’Italie .

Les flacons qui renferment la composition sont laits à Paris avec beaucoup deprécaution, ce qui ajoute à la perfection de cet appareil, (pie le sieur Bienvenu asimplilié, alin de ne tenir dans la poche que le volume d’un étui ordinaire.

L’appareil consiste dans une petite boite de fer-blanc, dans laquelle est renferméun flacon de cristal, qui contient la composition. A côté du flacon, est pratiquée unepetite ouverture pour y mettre quelques allumettes ordinaires, ainsi qu’une petitebougie.

Si on veut se procurer de la lumière sur-le-champ et sans inconvénient, il ne fautpour cela que tremper l’allumette dans la composition: lorsqu’on en prend un peu, ellebrûle sur-le-champ.