CANNES PYROI’IIO II ES
Nous ne terminerons pas ce chapitre sans parler de ces cannes lumineuses«pii permettaient d’avoir à tout moment une lueur suffisante pour pouvoirse guider.
Dès l’année 1773, un certain M. Pigneron (I) avait fabriqué mie cannedont la pomme était un véritable briquet, et au moment où l’on avait besoinde produire' de la lumière, il suffisait d’immecter de salive ce pyrophore, quidonnait immédiatement une certaine clarté. Pigneron croyait avoir fait unedécouverte unique au monde lorsqu’un jour, voyageant en Allemagne , il vit unjuif se servir d’une canne qui contenait un appareil exactement semblableau sien; cette invention parut si ingénieuse aux gens du xvnf siècle qu’onéprouva le besoin de la rééditer quelques années plus tard.
Dans les Tablettes royales de 1783, nous trouvons l’annonce suivante :
Canne curieuse qui réunit une bougie portant son flambeau à réverbère, cl dupied duquel on tire un crayon. De l'invention du sieur Cacliemichs, quai de l’ilorloge-du-l'alais, n° 23.
Au commencement de ce siècle, ce système fut trouvé si extraordinairequ’on ne crut pas qu’une idée pareille eût, pu germer dans un cerveau fran-çais . Comme l’anglomanie commençait alors à sévir, on s'empressa de faire ànos voisins d’outre-Manche l'honneur de cette découverte :
Kn Angleterre, on a inventé des cannes lumineuses. En rentrant chez soi le soir,on allume sa canne au moyen d’un phosphore caché dans la poignée, et on s’en sertcomme d’une lanterne.
D) Ce renseignement nous a été obligeamment fourni par M. Paul d’Estrée.