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CHAPITRE XV
M A T1È R E S É C L AIR A N T E S
moulée, qu’il vend 10 sols la livre, est d’une qualité supérieure. Sa fabrique estétablie à Paris , rue delà Roquette, faubourg Saint-Antoine, à côté de M. le Comte,ancien lieutenant criminel.
A quelques jours de là, le môme journal vilipende son ancien protégé :
Dans la neuvième feuille de VAvant,-coureur, p. 140, le sieur Labatie, maîtrechandelier, rue do la Roquette, faubourg Saint-Antoine, nous a fait dire qu’il fabri-quait une chandelle économique qui, par sa pureté, sa blancheur et la lixité de salumière, ne le cède point à la bougie. Nous avons envoyé chez lui acheter do cettechandelle à 13 sols la livre, ainsi qu’il la vend, et nous n’y avons point reconnu toutesces qualités. Celte chandelle, à la vérité, est fort blanche, mais grasse et fétide ; elleéclaire mal et il faut à tout moment la moucher. Nous rapportons notre expériencepour empêcher nos concitoyens d’en faire de plus dispendieuses.
A la fin du xvm" siècle, on arriva à faire des chandelles avec une matièretoute spéciale comme sous le nom d 'adipocire ou gras de cadavre, matièredoid. on avait trouvé une grande quantité dans le cimetière des Innocents, lorsde sa suppression (V. l’article de Fourcroy dans le Dictionnaire des .sciencesnaturelles , 1 . 1 , p. 20).
Disons encore un mot des chandelles sans mèche, inventées par unAnglais nommé White, qui en fabriqua longtemps à Paris et transportaensuite son établissement en Angleterre :
Ce sont, dit un auteur contemporain, des tubes de suif; les mèches se livrent sépa-rément dans des boîtes. Elles ont la forme d’un champignon renversé dont la tèterepose sur le trou du cylindre. Ces chandelles sont très commodes et donnent unebelle lumière. Elles ne coulent point. Le même fabricant a fait aussi des chandelles àdouble courant d’air, mais elles n’ont pas eu beaucoup de vogue, en raison de leurprix trop élevé.
On peut rapprocher de ces inventions l'appareil de MM. (iirard frères,au moyen duquel on pouvait appliquer aux chandelles des mèches mobiles.
Au xvm 0 siècle, on désignait sous le nom de « chandelle des Rois » unegrosse chandelle faite dans des moules et enrichie de quelques ornements, dontles chandeliers faisaient ordinairement présent, à leurs pratiques qui les allu-maient la veille et le jour de la fête des Rois, dans le festin du roi-hoit.
Cet usage (1) superstitieux, que la police a sagement aboli, existe encore dans quel-ques provinces. En exécution d’un règlement de police du 29 décembre 1745, réaf-
(I) Jauhcrt, Dictionnaire des arts et métiers , 1 . 1 , p. . 401 .