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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHANT H K XV

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Sur co sujet Edouard Fournier a donnô uih' explication spécieuse, il estvrai, niais bien tiré*' <'ii longueur :

11 y a, dit-il, dans celte locution, un souvenir (le ce branle de la torche, dont ontparlé Olivier de la Marche , llenry Esticnne et bien d’autres. On y dansait en rond,avec force baisers à chaque tour de la ronde, comme c’était l’ordinaire pour ces sortesdo danses. Au milieu du cercle se tenait le patient du jeu, qui éclairait ronde et bai-sers en tenant à la main une torche ou plus souvent une simple chandelle. L’originede l’expression s’exprime ainsi, comme on voit, tout naturellement. Une autre étymo-logie s’y rattache. Le refrain de la chanson sur l’air de laquelle on dansait la rondeétait celui-ci, au commencement du xvn 0 siècle :

O guéridon des guéridonsDon, daine!

0 guéridon des guéridonsDon, don !

Par suite, comme on le voit dans une anecdote de Tallemant (Hisforio/le doM m ° Pilon), celui qui regardait les autres en tenant la chandelle eut pour nom ce motdu refrain : il s’appela le guéridon. Enfin par suite encore, lorsque vers le mêmetemps, on mit en usage les petits meubles à un seul pied, sur lesquels se posaient les(lambeaux, on ne les nomma pas autrement, ils s’appelèrent des guéridons.

Sans aller chercher si loin, et à une époque bien plus rapprochée duquatrain cité en commençant, nous trouvons un texte qui nous paraît absolu-ment concluant sur lu question :

Et souvent, quand le seigneur et la damoiselle estaient couche/, pronoitchascun d’eulx quelque livre de passetemps pour lire en son lict, et leurs chambrièrestenoient la chandelle, c’est assavoir la jeune au sieur et l’autre à la damoiselle(Marguerite d’Angoulème , lloptamérou, (I e journée, nouvelle 54).

C’est co voisinage, souvent incommode et toujours très désagréable,qui a été avantageusement, remplacé par les chandeliers do tapisserie analo-gues à celui qui appartenait à Cabriolle d’Estrées, et (pii, après avoir étéabandonnés pondant quoique temps, revinrent à la mode 4 sous h' règne doLouis XV , où dans bien dos cas ils devaient être d’une incontestable utilité.