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5 2 I. Entretien sur les Vies
Car pour bien expliquer coures les cho-ses que j’ai apprises des plus sçavans Pein-tres, il faudroic faire un ouvrage dont lecorps fût di vile en trois principales parties.La premierej qui traiteroit de la Co m i> o-sition ) comprend presque toute lathéorie de l’art, à cauíè que l’operations’en fait dans l’imagination du Peintre,qui doit avoir disposé tout ion ouvragedans son esprit ,& le posseder parfaitementavant que d’en venir à l'exécution.
Les deux autres parties qui parleroientdu Dessein & du Coloris, ne re-gardent que la pratique, & appartiennentà l’Ouvrier: ce qui les rend moins noblesque la premiere, qui est toute libre, & quel'on peut íçavoir lans être Peintre.
Pour bien composer un Tableau, lePeintre doit donc avoir une science & ge-nerale & particulière de toutes les partiesqui y entrent. Et comme il n’y a rien dansla nature qu'il ne doive quelquefois repré-senter, il fautauífi qu’il ait une connois-sance parfaite de tous les corps naturels,avant qued’entreprendre d’en faire l’ima-gc. Mais il doit le souvenir qu’encore quel’artdeportraire s’étendesur tous les sujetsnaturels , tant beaux que difformes, tou-tefois quand il viendra à l’exécution, s’ilveut tenir rang entre les plus habiles, il estobligé de faire choix de ce qu’il y a déplus
beau ;