Band 
Tome premier.
Seite
142
JPEG-Download
 

I4i II. Entretien fur 'les Ftes

uneStatuë où elleétoit repreíentée fur uncheval, te cela se faisoit-il à aune dessein,que pour satisfaire au désir qu'on a ordi-nairement de connoîcre les personnes quise font signalées par leurs belles actions ?

Mais quel que soir le sujet qui ait rendula Peinture si illustre ; je crois que l’ordrequi s'obíèrvoit anciennement parmi lesOuvriers,étoitune des causes pourquoi ily en avoir de si excellons dans cet Art. Cartous les Egvptiens, àce qu’on remarque,ne devenoient sçavans dans toutes fortesde professions , que parce qu’ils avoiencune loi qui ne permetroit pas à ceux quiune fois avoient fait choix d’un emploi,d’en embrasser plusieurs à la fois , ni detenir aucuns offices dans l’Etat, de crain-te qu’un désir ambitieux d'entrer dans lamagistrature, ou l’occupation des affairespubliques,ne les détournât de leur travailordinaire.

Il est aílez difficile en effet, lui dis-je,qu’un même homme puiíîc executer par-faitement plusieurs choses de différentenature. Mais k mon avis , ce n’a pas étéune mauvaise conduite dans les Arts ,qui a fait perdre aux Grecs & aux Romainsl'avantage qu’ils avoient autrefois dansceux de la Sculpture & de la Peinture.

Je íçay bien, répliqua Pymandre, queles guerres & les désordres en font la pre-miers