184 I- Entretien fur les Vies
f icnsa qu’il dévoie touc de nouveau jetterui-meme les fondemens de fa Principau-*té, Lc se faire l’arcisan de sa souverainegrandeur ; & que pour cela il pouvoit lêservir de toutes les choies propres à par-venir à une si haute entreprise. Mais com-me il est très-difficile qu’un Seigneur é-tranger , & qui ne sait . pour ainsi dire ,que de naître,puille être également agréa-ble à tout une peuple , parce qu’il ne luiest pas ailé d’obliger également tout lemonde, &c que ne pouvant satisfaire tousceux qui aspirent aux charges, ni recom-penler d’ailleurs ceux qui en íorrent j il setrouve toujours que le parti des mal con-tens est beaucoup plus grand que celui deceux qui lont satisfaits : ainsi le Duc d’A-thénes ne fut pas long-tems Seigneur deFlorence, qu’il se vit presque autant d’en-nemis fur les bras qu’il y avoir d'habi-tans dans la ville. Les Grands ne man-quoient pas de faire remarquer tous sesdéfauts ; Sc comme fa conduite & lesmœurs n’étoient pas exemtes de blâme ,tís découvroiencau peuple le mai qu’il fai-íoit, & imputoient à son mauvais gou-vernement tous lesdesordres qui arrivoientdans l’Etat.
Le Duc qui n’ignoroic pas les mécon-tentemens des principaux citoyens, n’encémoignoit rien néanmoins j au contraire,