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Tome premier.
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ii z II. Entretien fur les Fies

Car un jour que Frere Philippe étoirenla Marche d’Ancone , & qu’il s’étoit misavec quelques-uns de les amis dans uneperite barque pour l'e promener le longdes côtes de la mer , ils se trouvèrent sur-pris par des brigantins Mores, qui les mi-rent tous à la chaîne, & les mcnerent enBarbarie.

Il y avoitdix-huit mois que Frere Phi-lippe étoit dans l’eíclavage , loríqu’il s’a-viía un jour de prendre du charbon , &de tracer contre une muraille le portraitdu maître qu’il fervoit. II le representa sibien, & avec les mêmes habits qu’il por-toit d’ordinaire , que ce Barbare en futd’autant plus surpris, qu’il n’avoir jamaisvû rien de pareil. De façon qu’admirantce portrait, il obligea Philippe à lui enfaire encore quelques autres , dont il lerécompensa bien ; car il lui donna gratui-tement la liberté , & le fit conduire sûre-ment jusques dans Naples.

Loríqu’il y fut établi, il travailla pourle Duc de Calabre, qui fut depuis Alfon-se Roi de Naples , & fit ensuite plusieurstableaux en divers endroits d’Italie. Onremarque qu’il a été le premier qui a peintdes figures plus grandes que le naturel.

II fut aCtsiì employé par le Pape Eugè-ne IV. qui l’estimoit beaucoup à cause deson íçavoir seulement; car n’étantpas d’u-

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