214 II . Entretìenjur les Fiesce faux ami s’étant déguise, alla l’attendredans un endroit écarté ; ôc comme il vintàpalier par là, il mit íî secrètement à exécu-tion son détestable dcllein, que le pauvreDominique n’ayant point reconnu ionmeurtrier, & ne lè doutant en aucune fa-çon de l’horrible perfidie d’André , se fitporter chez ce cruel ami , où il mourutentre fes bras. L’on n’auroit jamais sçul’auteur de cet assassinat, si André, par leremors de fa conscience, ne l’eíìt décla-ré lui - même lorsqu’il se vit au lit de lamort.
Ce misérable homme se voyant donccomme en pollèssion de jouir tout seul del’honneur & des avantages qu’il croyoitlui avoir été ôtez par Dominique, se mit àfaire plusieurs ouvrages dans Florence.
Ce fut lui qui travailla à cette funestepeinture que la République fit representercontre le Palais du Podesta, loríqu’en l’an-née 1478. les ennemis des Medicis exe-cuterent contr’eux une horrible conjura-tion.
Il y avoit long-rems que les Medicis é-toient éonsiderables dans Florence , &qu’ils y paroillòient comme des protec-teurs de la liberté , & les ennemis capi-taux de la faction des Gibelins. Cosmeavoit acquis par fa prudente conduite uneautorité si grande dans la ville, qu’il dis-