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Tome premier.
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L)3 II. Entretien sur les Fie t

mcme usant de menaces , lui sic dire qu’ilne fût pas si hardi que de retourner à Ve-nise, parcequ’elle lui feroit couper le col.A cela André répondit astèz galamment,qu'il s’en donneroic bien de garde, sça-chant qu’il n’étoit pas en leur pouvoir deratacher la tête d’un homme,quand ils l’au-roient une fois séparée de son corps, ôcencore une tête telle qu’étoit la sienne;mais qu’il avoit cet avantage fur eux, qu’ilpouvoir rejoindre au corps de son chevalla tête qu’il avoir rompue, & même y enmettre une beaucoup plus belle. Cette ré-ponse ne déplûtpasaux Vénitiens : au con-traire elle adoucit leur esprit irrité, & s’é-tant raccommodez avec André , ils lui fi-rentune composition si avantageuse, qu’c-tanc retourné à Venise, il acheva son pre-mier modèle , & le jetta en bronze. II nepût néanmoins finir l’ouvrage entier ; cars'érant échauffé & refroidi en travaillant,il demeura malade d’une pleurésie donc ilmoût ut, âgé de ;6. ans.

Mais de tous ces anciens Peintres, ce-lui qui a le mieux sçû l’art de la Peinture,fut Andr^ Mantegne. Il naquit à Pa-doue , & lorsqu’il n’étoit encore qu’un en-fant qui gardoit les brebis dans la campa-gne , il prenoit plaisir à destiner. Commeon l’eût mis fous Jacques Spacione pourapprendre à peindre, il employa íòn rems