2^4 11. Entretien fur les Vies
l’Art, il a fait des figures qui ne íontpaítout-à- fait naturelles.il en marquoi t beau-coup les contours. II s’arrêtoit à finir lesplus petites choses, & mettoit trop de noirdans les ombres. En cela il ne laiílbit pasde faire con noître la Icience dans le dessein& dans f entente des lumières, par le mo-yen defquelles il donnnit à tous les corpsun relief qui trompe la vûër Mais fa ma-niéré de travailler les carnations ne repre-fente point une véritable chair , commele Titien failoit dans les tableaux.On voieplutôt qu a force de finir Ion ouvrage , &d’y arrêter le pinceau trop long rems , ila fait des choses fi achevées & 11 polies,qu’elle semblent de marbre.
Bien quel’elpritde l’homme íoitlimité,& qn'il ne puiíïe polleder toutes choiessouverainement, on doit avoir une hauteestime pour Léonard , puisqu'il a eu uneconnoillance si grande de son Art, qu'iln'a fait de fautes que quand il a voulumettre les choies dans une trop grande per-fection.
Etant fort inventif & fort ingénieux àcomposer des machines, ceux de Milan leprierent de travailler à quelque chose d’ex-traordinaire & de magnifique , lorsque leRoi Louis XII. fit son entrée dans leurville. Ce qu’il acheva de plus considéra-ble , fut la figure d’un lion remplie de res-