r68 W. Entretien fur les Viesce suc en ce tems-là que Raphaël vint fapremiere fois à Florence. Il n'avoic pasencore vingt ans, & íortoic de délionsPierre Perugin : mais comme alors on neparloir que du dessein de Léonard , doncla réputation étoit répandue par toutel’Italie, il avoir un désir très-grand devoir cet excellent homme qui étoit déjk ;âgé de plus de 60 . ans. j
Raphaël demeura surpris en voyant lesOuvrages de Léonard, & l’on peut direqu’ils fuient pour lui comme une lumiè-re qui éclaira son esprit, & qui lui faisanediscerner le bien d’avec le mal, le portatout d’un coup à quitter cette maniéré]seche 5c dure, qu’il avoir apprise fous Pie-rre Perugin , & à imiter ces tendresses Sc^cette douceur qu’il remarqua dans les ta-bleaux de Léonard.
Il profita encore beaucoup des différen-tes contestations qui arrivèrent entre Léo-]nard & Michel-Ange , qui n’avoit alorsque ip. ans : car ceux de Florence ayancdonné à Michel-Ange un des cotez de laSalle où Léonard devoir peindre, afin d’y*;representer aussi une Histoire , Michel-Ange en fit le dellèin ; & comme la jalou-sie se met aisément parmi les personnesd’une même profession, elle s’accrut detelle forte entre ces deux sçavans hom-mes, qu’ils en devinrent ennemis. Ra-