18 8 II. Entretien fur les Fies
Vous pouvez bien vous imaginer qu’un,triomphe de cette nature mit ['épouvan-te dans la ville. Car la premiere foisqu'il parut, on ne s’imagina pas qu'un sii-jet fi triste & si lugubre pût être un di-vertilîement de carnaval. Toutefois lanouveauté de l’invention , & la maniéréingénieuse avec laquelle toutes chosescroient conduites, ne taillèrent pas deplaire à beaucoup de monde, qui admiral'esprit Sc le caprice de l'Inventeur.
C’est, ditPymandrc, que comme il y acertaines choses aigres Sc ameres où legoût prend quelquefois autant de plaisi rqu’à celles qui font douces Sc délicates ,de même dans les pallètems il se trouvecertains sujets qui, quoique tristes, don-nent du plaisir, lors qu’ils font conduitsavec jugement. Ainsi, quoique les tra-gédies representent des actions funestes &fâcheuses, elles ne laillènt pas de diver-tir les spectateurs; & même, pour demeu-rer dans des exemples de peinture, j’aysouvent vû des tableaux où il n'y a voltrien qued’affreux Si de difforme , qui ar-rêtoient agréablement les yeux,parce queces fortes de choses croient representées.avec beaucoup d’Arr.
Il y en a qui ont dit, repris-jc, que ceTriomphe si lugubre cachoir un sens mys-térieux, Sc n’avoit été fait que pour signi-fier