j 8 6 III. Entretien fur les Vies
belle ordonnance de toutes ces choiesqu’on peut connoître quel étoit le genie6c l’eJprit de ce lçavant homme, puisquedans ces Ouvrages on voit combien ilétoit abondant en pensées & en bellesimaginations, naturel & aisé dans la dis-position de ses figures, second en unediversité de mouvemens, qui tous pa-rodient beaux & naturels; à quel point ilsçavoit bien exprimer les passions, ôc don-ner de la force, de la beauté & de la grâceà son Ouvrage. On y peut remarquer sonadresie à bien placer toutes les choses quientrent dans la composition de ses ta-bleaux , en forte qu’elles ne se nuisentpoint les unes aux autres. Car il n’y ariende confus j coures les figures agiííént, &Cfont bien ce qu’clles doivent faire. Lesprincipales font toujours dans les endroitsles plus apparens; &c l’on voit que les au-tres ne font làque pour les accompagner,& que toutes fervent, & ont rapport auprincipal sujet. Comme il n’y a rien desuperflu qui cause de l’embarras, il n’y arien aussi de trop vuide qui marque de lapauvreté. On n’y voit point de figureschargées de vêtemens qui cachent trop lenud : tout le plan de l’Ouvrage se re-marque sans peine. Et certes, l'on peutjuger par ces travaux,quequand un Pein-tre en veut entreprendre de semblables, il