i8 6 IV. Entretien fur ! es Vtes
Il me semble pourtant, interrompit Pi-mandre, qu’on ne sçauroit trop s’excrcer,
Í iarce que le travail est: la nourriture de'art, & qu’il est même difficile , selonle sentiment d'un Ancien ( i), de con-server ce que nous avons appris, si nous nel’entretenonspar un exercice continuel.
Je n’entends pas, repartis-je, interdirele travail, quand je le modéré ; au con-traire , lors qu’on ne destine pas, il sautRappliquer à la considération de tout cequi concerne cet art, examiner ce qu’onveut imiter, en observer toutes les par-ties , s’affermir dans les premiers traitsdu desiein , ôc avant que de former des fi-gures entieres . sçavoirbien faire les pluspetites parties d’un membre, parce que lesmoindres choses negligces dans les com-mencemens, donnent par après beaucoupplus de peine àapprendre, &c sont de gran-des fautes, si l’on vient à ignorer la ma-niéré de les faire. Sur tout il est bond’aver-tir ceux qui commencent, de ne se pointhâter, mais au contraire d’em ployer toutle tems nécessaire à bien terminer un des-sein.
Il est certain , dit Pimandre , que leschoses faites avecloisirssontlesplus nettes& les mieux arrêtées ; & que celles quifont faites à la hâte, ont plus de confusion
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(i) Pl. lib. S. Ep. 14.