J74 IV. Entretien sur tes Vies
pas laistèr éteindre, mais le bien ména-ger. Virgile, à ce qu'on dit, compofoicdans fa chaleur poétique les beaux Ouvra-ges qu’il nous a laisipz, attendant à politses Vers, qu’ils tuile n t tous enfantez; aprèsquoi il les perfectionnoit,les formant, s’ilfaut ainsi dire, peu à peu, comme L'Our-fe fait ses petits.
L'on ne peut point dire de quelle íbrrele Peintre doit produire ses pensées ; celadépend de la force de son imagination. Jedirai seulement que la vérité en doit êtrele fondement ; c'est-à-dire, que la vrai-iemblance doit paroîrre dans foutes lesparties qui compolènt une histoire; maisil faut que ce loir une vérité, dont lesbeautez surprenantes lêmblent être ca-chées aux yeux du peuple, & que les el-prits du commun n'appercevroient pas,fi d’autres plus élevez ne les découvroient:car il y a quelquefois des choses qui sontridicules pourêtrerrop vrayes ,6c qui pour-roient rendre un Ouvrage défectueux, sielles n’y paroistoient d'une maniéré ex-traordinaire. 11 faut que les Poètes, em-bellissent celles qui font trop simples d'el-les-même,&qu'il y aitdans leurs tableau*quelque nouvelle invention , qui n’aicpoint encore été vue. Or toute la forcede ces belles inventions consiste dans la fa-culté imaginative, quoique pourtant nous