111 VIII. Entretien fur les Viessons si épaisses. Il a reprefenté uns de cesbelles soirées où l’air est pur & serein , &où les objets éclairez des rayons du Soleilqui balise, se font voir avec plus de dou-ceur 3c dc tendresse.
Mais en quoi on peut admirer son sça-voir & son jugement, c’est dans les carna-tions & les couleurs de toutes les figures.11 fait connoître dans cet ouvrage , qu’ilsçavoit bien distinguer de quelle manièreon doit peindre les corps qui font en plei-ne campagne, &i ceux qui font renfermez ,& la différence qu’il faut mettre entre unefigure vue de loin , & une qui est proche.Ce qui adonné du crédit à quelques Pein-tres qui ont reprefenté des carnations fraî-ches &c vives, c’est qu’ils n’ont pas eû ceségards. Ils ont peint leurs figures commevíics de près ; Sc leur donnant une beautéde couleurs plus sensibles , & moins étein-tes qu’elles ne peuvent avoir dans une dis-tance un peu éloignée , ils ont mieux ai-mé satisfaire les yeux que la raison. C’esten cela que les goûts sont differens. LePouííìn n’a pas crû devoir garder cetteconduite. Il a suivi la nature dans leschoses essentielles, beaucoup Imieux queles autres Peintres, & n’a jamais voul u s’enécarter que dans ce quelle a de défectueux;mais il l’a toujours exactement imitée, lorsquìli’a trouvée belle & parfaite. Et quand