Band 
Tome quatriéme.
Seite
440
JPEG-Download
 

LE SONGE

D E

PHILOMATHE.

Ous souvient il j mon cherCleoge-

\ ne, d’un Entretien que nous eûmesensemble il y a quelque teins , par lequel,pour exculèr votre pareilê, &c justifier s in-clination que vous avez à demeurer au lir,vous tâchiez à me perluader que les hom-mes ne font jamais plus heureux en cettevie que pendant !e sommeil ; que nonleulement ils y goûtent un doux repos quiles délalTè, & leur donne de nouvelles for-ces ; mais encore que l’ame le trouve sou-vent entretenue par des images & dessonges si charmans, qu’ellc sent une joyeinconcevable pendant les agréables mo-mens qu’ellé est dans cet heureux état >J’ai éprouvé moi même cette vérité , Sc jevais vous raconter fur ce sujet ce qui m’estaï rivé.

Un des plus beaux jours de l’Eté dernier,pendant que la Cour étoit à Versailles, jechoisis une heure qu il n’y avoir person-ne dans le petit Parc, pour mieux voir cequ’on avoir nouvellement fait aux fon-taines.

Lorsque j’cus considéré tous ces endroitssi beaux & si charmans, qu'un seul pour-

rait