154 VIII. Entretien fur les Fiesqu’ils viennent de recevoir. Moïse, en le-vant les bras & les yeux en haut, leurmontre que c’est du Ciel qu’ils reçoiventun secours si favorable,' & Aaron qui jointles mains, leur sert d’cxemple pour ren-dre grâces à Dieu; ce que font auífi lesanciens & les plus sages des Israélites quifont plus derriere,dont la posture & les ac-tions expriment la reconnoiíTanceparticu-lière qu’ils ont des miracles que Dieu opé-ré pour eux.
Entre les personnes qui font les plusproches de Moïse, il y a une femme , qui,par son action, fait remarquer sa curiosi-té. Car comme si elle entendoit dire quee’est du Ciel que cette nourriture leur estenvoyée, elle regarde en haut; & pour Cedéfendre d’une trop forte lumière qui l’c-bloiiit, elle met sa main au-devant, com-me si de ses yeux elle vouloit pénétrer jusques dans la source d’où sortent ces biens.
Outre toutes cesdifferentes expressions,on considéra encore la belle maniéré dontle Poussin a vêru ses figures , chacunavouant qu’il a toujours excellé en cela.Les habits qu’il leur donne, les couvrentagréablement, ne faiíànt pas comme d’au-tres Peintres, qui, comme je vous ai déjadit, ne cachent le corps qu’avec des piè-ces d’étofes qui n’ont aucune forme de vê-tement. Dans les Tableaux de ce grand
Maître