L'Iiá du Peintre pdrfdìt. 19
leur enfance on les laiííoit agir selon leurpropre mouvement ;& les actions d’habi-tude 8c d’éducacion, font celles que leshommes font en conséquence des instruc-tions &des exemples qu’ilsont reçus. Decelles-ci il y en a autant que de Nationsdifférentes, & elles font tellement mêléesparmi les actions purement naturelles,qu'il est, à mon sens, très-difficile d’en con-noître la différence. C’est néanmoins ceque les Peintres doivent tâcher de faire :car ils ont souvent des sujets à traiter, oùils doivent suivre la pure Nature, ou entout, ou en partie. Il estbonqu’ilsn’igno-'rent pas les actions différentes dont lesprincipales Nations ont revêtu laNature:mais comme leur différence vientde quel-que affectation, qui est un voile qui dé-guise la vérité, la principale étude du Pein-tre doit être de débrouiller & de connoîtreen quoi consiste le vrai, le beau & le sim-ple de cette mcmeNature, laquelle riretoutes ses beautez & toutes ses grâces dufond de fa pureté & de fa simplicité.
Il est visible que les anciens Sculpteursont recherché cette simplicité naturelle,& que Raphaël a puisé dans leurs Ouvra-ges avec le bon Goût, celle qu’il a répan-due dans sis figures. Mais quoique laNa-ture soit la source de la Beauté , l’Arr, dit-on communément, la surpasse; plusieurs
Auj-