% 4 Elite du Peintre parfait.
qu’il étoit comme impossible que le Pin-ceau pû faire lien de plus parfaic que cequ’on admiroir dès ces tems-là.
Les grands Seigneurs visitoient les Pein-tres, lesPoc;eschantoient leurs louanges,&dcsl'an 1300.Charles I.Roi deNaples,passant par Florence, alla voirCimabué,qui étoit en réputation : & Corne de Mc-dicis étoit tellement charmé des Ouvragesde Philippe Lippi, qu’il mit tout en usagepour vaincre la bizarrerie & la paresse dece Peintre , afin d’en avoir des Tableaux.
Cependant il est aisé de juger par lestestes de ces premiers Ouvrages, que la Pein-ture de ce siécle-là étoit tres-peude cho-se , fi nous la comparons à celle que nousvoyons aujourd’hui de la main des bonsMaîtres. Car non seulement les partiesqui dépendent de la Composition & duDellèin, n’étoient pas encore assaisonnéesdu bon G ût, qui leur est venu depuis :mais celle du Coloris étoit absolumentigno ée, &dans la Couleur des objets enparticulier , qu’on appelle Couleur Loca-le, & dans l’intelligence du Clair-obícur,& dans l’harmonie du tout ensemble. 11est vrai qu’il s employoient des Couleurs :mais la route qu’ils tenoienten cela > étoittriviale, & ne servoit pas tant à répresen-terla vérité des objets, qu’à nous en faireressouvenir.
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