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Tome sixiéme.
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68 Des Dtffeínt.

biles Peintres ont concu d’abord leurspensées avant de les digérer, & que lesésquiíses font encore connoîcre de quelletouche les grandsMaîtrcs se ler voient pourCaractériser les choies avec peu de traits.Ainsi pour satisfaire pleinement à la cu-riosité , il feroit bon d’avoir d'un mêmeMaître, des Desseins de tout es les façons;c’est-à-dire,non seulement de sa première,seconde & dernière maniéré, mais encoredes esquisses très-légers, aussi - bien quedes Dellèins très finis. J’avoue cependantque les Çurieux , purement spéculatifs,n’y trouveront pas si bien leur com pte queceux , qui, ayant aussi de la pratique ma-nuelle, font plus capables de goûter cettecuriosité.

Il y a une chose, qui est le Sel des des-seins , 8c sans laquelle je n’en ferois quepeu ou point du tout de cas, & je ne puisla mieux exprimer que par le mot de Ca-ractère. Ce Caractère donc consiste dansla manière dont le Peintre pense les cho-ses : c’est le Cachet qui le distingue desautres, &qu’il imprime fur ses Ouvragescomme la vive image de son Esprit. C’estce Caractère qui remué notre imagina-tion ; & c’est par lui que les habiles Pein-tres , après avoir étudié fous la Disciplinede leurs Maîtres > ou d’aprcs les Ouvragesdes autres, se sentent forcez par une douce

violence