Band 
Tome sixiéme.
Seite
120
JPEG-Download
 

,ro LE LAURENTsN.

plus pur selon les disserentes faisons, & mal-gré l’inconstance même des tems.

L’on apprendra encore par le Laurentin. l’artde profiter en Architecture , de tout ce qu’unclimat offre d’agréable aux yeux‘,& à l’esprit,de quelque nattfte & en quelque situationque ce puisse être. Car parmi le grand nom-bre de logemens qui étoient contenus danscette maison, il y en avoit où l’on pouvoitjouir de la vûë & du bruit même de la mer ;d’autres plus retirez au milieu des jardins, nerecevoient ce bruit que de fort loin , & quecomme une espèce de murmure ; d’autresqui n’avoient ni le bruit ni la vûë de la mer,donnoient moyen d’y joiiir du calme le plusdoux. En chacune de ces disserenres situations,il y avoit des appartemens & des chambresde jour & de nuit, de grandes sales d'assem-bléesoude festins ; d’autres sales moins gran-des pour manger & se divertir en famille , ouavec un petit nombre d’arais ; & quelques ré-duits particuliers, cù le maître de la maisonpouvoit par le moyen dsone longue galerie,s’éloigner de tout son domestique & de lafamille même, pour travailler, ou pour êtreplus en repos.

En un mot, il y a autant à s’instruire danscet Ouvrage pour ce qui regarde l’Architec-ture , que pour l’art de la narration &c de ladescription que Pline le Consul a si bien possé-dé , & qui se fait connoìtre d’une maniérétoute particulière dans la Lettre dont il s’agitici. Car il n’y a personne qui n’ait considéréjusqu’à présent cette lettre, plutôt comme unePiece d’Eloquençe , que comme une des-cription