z 5 HISTOIRE
II eut toutes les facilités nécessaires pour la grande opéra-tion qu’il entreprenois. Le terrein de l’Egypte étoít mesuré parun arpentage , qui devoit être exact, puisque les impositionsroyales y étoîent liées , & que, lorsque les inondations du Nilavoient fait tort à quelque particulier, il avoir foin de fairearpenter de nouveau son héritage, pour qu’on diminuât l’im-pôt à proportion. On pouvoir, dit M. Freret ( a ), être assuréde l’étendue de l’Egypte à une coudée près. Avec ces res-sources pour connoître îcs distances itinéraires , Eratosthenespossédoit les instrumens que Ptolémée avoir fait construirepour lui, & placer dans l’obfervatoire d’Alexandrie. Ces ins-trumens lui répondoient d’une certaine exactitude dans l’ob-fervation des distances célestes.
Eratosthenes remarqua que Svenne , ville la plus méridio-nale de l’ancienne Egypte , & Alexandrie étoient à peu-prèsfous le même méridien. On ne nous dit point par quels moyensil s’en assura, II savoir que le jour du solstice d’été , les corpsne jetojent point d’ombre à Syenne, ainsi qu’à cent cinquantestades à la ronde ; avec cette particularité, q u’un puits très-profond , placé dans cette ville , étoit entierement éclairé ; cequi marquoit évidemment que Syenne étoit fous le tropique,Sc qu’au te?ns où le soleil y arrive , il étoit à plomb sur latête des habitans de cette ville. En conséquence Eratosthenesmesura , le jour même du solstice à Alexandrie, la distance dusoleil au zénith , qu’il trouva de 7 0 \x . Le soleil au zénith deSyenne, Sc en même tems éloigné de 7 0 1 1 du zénith d'Ale-xandrie , montroit que l’arc céleste intercepté entre ces deuxvilles étoit de 7 0 1 é , ou de la 50 e partie de la circonfé-rence ; 6c comme la distance itinéraire avoir été précédemment
(à) Mcm. Acad. Inscript. Tome XXIV, p. $ 10.