46 HISTOIRE
Terreur la plus chere à toute Tantiquité , celle cíe Tuniformitëdu mouvement des astres. On a toujours senti , comme parune espece d’instinct:, que la nature n’agít que par des voiesfimples , & on entrevoyois qu’elle devoir avoir un principeunique. Ce principe, selon les anciens, étoit le mouvement uni-forme dans une orbite circulaire. C’étoit une erreur, mais cetteerreur fut utile ; elle fit faire un pas vers la vérité, en portantà croire que ces phénomènes n’étoient qu’apparens. Pour sauverTuniformitë, qui sembloit se démentir dans les stations & lesrétrogradations des planètes, on imagina de faire tourner uni-formément la planète dans un petit cercle qu’on nomma épicy-cle , tandis que le centre de ce cercle tournoit autour de laterré dans un plus grand cercle, appelé le déférent , parce qu’ilportoit Tépicycle. C’étoit la véritable orbite de la planète.On conçoit que la planète, marchant dans son épicycle , vatantôt du même sens que le centre de Tépicycle, tantôt dansun sens contraire, òí , selon les proportions assignées par Apol-lonius , il y a des cas oh le mouvement résultant de cette com-binaison sera rétrograde , d’autres où il fera nul $C la planètestationnaire (a).
§. xxx.
Voila le premier théorème de géométrie dont nous ayonseu occasion de parler dans cet ouvrage. II nous fait douterqu’Âpollonius ajt adopté Thypothèsc philolaïque fur le mou-vement de la terre. Comment un géomètre aussi habile n’auroit«il pas vu que les stations òc rétrogradations des cinq planètesíiaistbient de leur mouvement propre Le direct:, combiné avecle mouvement de la terre; ses épicycles devenoient inutiles , ëc
{ *) Ecîairciílemens > JLiv. I , §, il.