5 * HISTOIRE
L’astronomie , cn étendant la sphere de ses pensées , lui amontré Punivers comme un espace sans bornes, où se perd laconception humaine ; tandis que le tems, revêtu du mêmecaractère de grandeur & d’immensité, proportionne îa duréedu monde à son étendue, Cependant placé, perdu dans cesdeux infinis, l’homme a voulu connoître Punivers par ses rap-ports, resserrer cette grande idée, sans P altérer, pour la placerdans fa tête ; Sc se figurant la marche insensible du tems pardes rapports semblables, il s’est fait une idée du passé qui n'estplus , de Pavectir qui ne fera peut-être jamais , Sc il a posédevant lui le tableau de Pétât passé , présent Sc futur dumonde.
§. I I.
Ce sont-la les fruits de fa curiosité ôc de son génie ; nousdevons développer ici les moyens qu’il a employés. La spherede nos organes ess très-bornée : elle ne suffit ni à la volonté vni aux désirs. L’homme, si intéressant par les progrès de fa rai-son , par les produits de son imagination , est sur-tout digned'être admiré dans Pinvention des instrumens, qui font les plusutiles Sc en même tems les plus grandes de ses pensées. II a mul-tiplié fa force Sc s’est aidé de celle des élémens ; il a augmenté lepouvoir de ses sens : il en a rectifié l’usage , assuré le rapport,Sc il a ajouté à sa puissance physique une étendue Sc une exac-titude que la nature sembloit lui avoir refusées.
Cependant en acquérant de nouveaux organes, nous avonspeut-être affoibli, diminué le pouvoir de nos organes naturels.Moins exercés , ils ont perdu la perfection qu’ils pouvoienttenir de Phabitude. Seroit-ce un paradoxe d’avancer que: cetteperte a été avantageuse? Nous sommes devenus plus capables-de méditation j Peíprit s’est plus dé veloppé , lorsque le physique