DE L’ ASTRONOMIE MODERNE. 55
a été plus circonscrit. La nature nous entoure de ses opéra-tions , tout est fans cesse en mouvement autour de nous, dessens trop délicats nous retirent trop souvent hors de nous-mêmes ; ils troublent la mémoire & le retour de nos pensees;l’ame sensible est toujours en action, l'ame raisonnable n arien à faire. Un homme, qui auroit k chaque instant des sen-sations , des idées nouvelles , seroit comme un avare qui aug-mente un trésor dont il ne jouit pas. II est donc un milieu-nécessaire entre des sens subtils qui fourniroient trop d’idees ,
& des sens obtus qui n’en donneroient pas aster. Les instru-mens ont cet avantage, que ce font des sens dont Thommene se sert pas toujours ; il n’en use qu’à son gré. II les inter-roge pour s’instruire , il les éloigne pour méditer fur leursrapports, pour combiner leurs produits. Alors réduit à ses sensnuds, l’homme, qui se retire en soi, est maître de contempleren paix ce qu’il poísede : l’esprit observateur ceíse, 6 L la retraite& le silence produisent le génie.
§. I I L
L’Ástronomie semble ne dépendre que de la vue ; c’estle sens le plus étendu le plus prolongé : II nous transportepartout, & nous fait jouir du spectacle entier de l’univers.Mais si i’homme n'avoir employé que ses yeux , la sciencen’eut pas fait tous les progrès dont elle est susceptible. Envoyant les astres semés fur la voûte du ciel, nous recevons dessensations séparées , des idées inexactes de lieu , de grandeur'Sc de distance. Nous n’avons qu’un guide siir, c’est le tact,le plus fidelle de nos sens ; il falloit donc atteindre les-astres, pour s’asturer de leur position ; il falloit les toucherpour les mesurer Lé les eípacer.- Cette entreprise de l’espriff